‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 43 sur 183 · ET DE L HIVER SUIVANT · texte numérisé non relu

ET DE L HIVER SUIVANT

La campagne de 1 705 est celle qui m'a fait le plus de plaisir, car je puis dire que c'est une des plus belles et des plus savantes du duc de Vendôme, et où sa valeur, sa prudence, sa conduite et sa fermeté ont paru avec le plus d'éclat.

Notre quartier d'hiver fut bien court. Au bout de quinze jours que nous fûmes entrés à Novare, il fallut en partir, le 4 mai. Nous commencions déjà à apprivoiser les dames, qui s'assembloient tous les jours chez la marquise Paleotti'. Il y avoit grand jeu, concert et bal. En deux jours de marche, nous arrivâmes à Pavie, où, le lendemain 6, l'on nous embarqua sur le Tessin. Cette rivière prend sa source au mont Saint-Gothard, forme le lac Majeur, et ensuite, après avoir passé près de Pavie en deçà, elle va se jeter dans le Pô à Ospedaletto-.

J'avois depuis dix jours une fièvre tierce. Du Tessin nous tombâmes dans le Pô. En un jour et demi nous

1. Catherine Dudley, fille du duc de Northumberland. [Mémoires de Saint-Simon, éd. 1873, t. IX, p. 427.)

2. Le village d'Ospedaletto-Lodigiano, entre Pavie et Belgiojoso, est situé à quelque distance du confluent.

[Mai 1705] DU CHEVALIER DE QUINCY. 89

arrivâmes vis-à-vis Crémone, après avoir laissé Plaisance sur notre droite. Nous y restâmes quelques heures, et ensuite nous fûmes coucher à Casal-Maggiore, petite ville du Milanois dépendante du Lodésan, située sur le Pô.

Le lendemain 8, après avoir laissé Brescello et Guastalla sur notre droite, nous débarquâmes à San- Giacomo^ village du Serraglio, où nous couchâmes. Le 9, nous en partîmes pour aller coucher à Mantoue. Nous fîmes ce chemin-là à pied avec notre colonel; les chevaux de selle et les équipages, faisant la route par terre, dévoient nous venir joindre à Gavriana-, près de Gastiglione-delle-Stiviere. Le 9 à Goito, le 10 à Gavriana, où nous nous attendions de goûter un peu de repos; mais les dieux en avoient autrement ordonné.

Le lendemain de notre arrivée, qui étoit le 11, il fallut en partir précipitamment, sur les dix heures du matin, pour nous rendre sur le Mincio. Le prince Eugène, ayant assemblé douze mille hommes, avoit marché sans perdre de temps à Salionze^, pour passer cette rivière vis-à-vis de Monzambano*, au même endroit où ce général l'avoit passé l'année 1 70 1 . Le comte de Mursay, qui commandoit de ce côté-là, arriva avec le régiment de Bretagne-infanterie, le

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