‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 46 sur 183 · Ou de la Bouline (voyez ci-après, p · texte numérisé non relu

Ou de la Bouline (voyez ci-après, p

2. M. de Dreux avait vendu le régiment de Bourgogne, en novembre 1704, à Joachim-Adolphe de Seiglière de Boisfranc, marquis de Soyecourt par sa mère, qui avait jusqu'alors servi en Allemagne comme capitaine de cavalerie et avait reçu une grave blessure à la seconde bataille d'Hochstedt. Notre auteur dira plus loin (p. 119) qu'il n'avait que dix-huit ans.

3. Jean-Maximilien de Belleforière, marquis de Soyecourt, colonel du régiment de Vermandois, avait trouvé la mort sur le champ de bataille (l^"" juillet 1690) ; son frère Adolphe, qu'on appelait le chevalier de Soyecourt, capitaine-lieutenant des gendarmes-Dauphin, mourut deux jours après, de ses blessures.

4. Marie-Renée de Belleforière, mariée le 5 février 1682 à Timoléon-Gilbert de Seiglière de Boisfranc, chancelier de Monsieur.

5. Plus loin, il dira que M. de Mursay était « fort ratier de son naturel, » et nous renverrons alors au portrait que Saint- Simon fait de cet officier.

[Mai 1705] DU CHEVALIER DE QUINCY. 93

Quelques jours après que le projet du prince Eugène eut échoué, ce général fit embarquer deux mille hommes pour les envoyer par le lac de Garde au général Bibra', qui commandoit un corps de troupes dans le Bressan, du côté de Salo, afin qu'avec ce secours il put pénétrer dans le Milanois. Le duc de Vendôme en ayant été averti, il ordonna au chevalier de l'Aubépin^, qui commandoit nos galiotes, de s'y opposer : ce qu'il exécuta. Il coula quelques barques chargées de troupes à fond ; il en prit plusieurs, et il poursuivit les autres près de Salo. Cependant douze cents hommes joignirent le général Bibra.

Le 19 mai, M. de Vendôme, qui avoit appris que toute l'infanterie des Impériaux avoit débarqué à Salo, après avoir traversé le lac malgré nos galiotes, donna ses ordres pour mettre en sûreté les bords du Mincio, et il nous fit décamper le même jour pour aller joindre le Grand Prieur, son frère, qui étoit à Bedizzole, sur la Chiese^. Nous restâmes dans ce

1. Ce général, que Villars [Mémoires, t. II, p. 59) appelle Pibrak, mourut en février 1706. [Gazette, p. 106; Mercure d'avril, p. 111-113.)

2. Hector-Léonard de Sainte-Colombe, chevalier de l'Aubépin (1663-1736), devint bailli et grand maréchal de l'ordre de Malte et chef d'escadre des galères de France en 1734. D'après le Moréri, qui lui consacre un article spécial (t. I, p. 478), il commanda pendant huit campagnes les galiotes de France sur le Pô et le lac de Garde, et écrivit sur ce sujet des Mémoires restés inédits et qui existent peut-être encore.

3. Gros bourg du Bressan, sur le penchant d'une colline entre la Chiese et le lac de Garde. Une lettre du Grand Prieur, datée de ce camp, du 20 mai, se trouve reproduite dans les Mémoires de Sourches, t. IX, p. 257.

94 MÉMOIRES [Mai 1705]

camp jusqu'au 23, que nous le levâmes pour marcher aux ennemis. Nous les trouvâmes postés sur une hauteur de très difficile accès, ayant six villages retranchés le long de leur ligne, qui se communiquoient par des ouvrages les uns aux autres, leur droite à Gavardo^ et leur gauche longeant vers Salo. Malgré cette situation avantageuse des Impériaux, beaucoup de petits-maîtres impertinents vouloient engager M. de Vendôme, qui avoit trop de bonté pour ces gens-là, à les attaquer en arrivant. « Doucement, Messieurs, « leur dit-il. Examinons auparavant. » Il examina si bien, qu'il jugea que cent mille hommes ne seroient pas capables de les forcer. Il fit camper son armée à Moscolino-, la droite s'étendant vers le lac de Garde et la gauche appuyée à Bedizzole. Nous nous y retranchâmes. Notre camp étoit si près des ennemis, que nous les resserrions infiniment pour le fourrage que nous avions en abondance^. Cette situation me plaisoit infiniment; l'air y étoit si salutaire, qu'il m'ôta la fièvre que j'avois toujours eue jusqu'à ce temps.

M. de Vendôme ayant mis tout en bon état, il partit pour se rendre en Piémont, après avoir laissé le commandement de notre armée au Grand Prieur. Nous fûmes très fâchés du départ du Caporal Louis (c'est ainsi que nos grenadiers le nommoient) ; nous avions toujours été sous ses ordres; il aimoit et il estimoit infiniment notre régiment. Outre cela, nous avions un pressentiment de ce qui devoit arriver; car nos

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