Village du Crémonais, entre l'Oglio et un navile
4. Sur la rive droite de l'Oglio, vis-à-vis d'Orci-Novi, qui est sur la rive gauche.
[Juin 1705] DU CHEVALIER DE QUINCY. 103
cipitée^ : avec un peu de fermeté, il auroit arrêté certainement les ennemis, et il nous auroit donné le temps d'arriver. Ainsi, pour la seconde fois de cette campagne, nous aurions empêché les Impériaux de passer une rivière. Que gagna M. de Toralva? la défaite de ses troupes ; car, ne se croyant pas en sûreté dans cette petite place, il prit le parti, le 30, de l'abandonner, après avoir fait jeter la plus grande partie de nos farines dans l'Oglio et avoir laissé deux cents hommes pour la garder. Il fut suivi dans sa retraite si vivement par le prince de Lorraine et Visconti (c'est le même que M. de Vendôme avoit si bien battu à Santa- Vittoriaet à San-Sebastiano^), qu'ils tombèrent sur ses troupes. Elles furent mises en déroute, et il fut fait prisonnier, aussi bien qu'un colonel, dix-neuf autres officiers et environ quatre cent quatre-vingts soldats. Les ennemis nous prirent six drapeaux; le reste des troupes de M. de Toralva se dissipa et gagna par plusieurs endroits nos places^. Par cette belle action nous pensâmes perdre le Milanois, et, sans le parti que prit M. de Vendôme de venir promptement à notre secours, nous étions perdus ; car le Grand Prieur ne savoit où il en étoit.
Nous fûmes joindre l'armée à Gastel-Visconti. Je
1. D'après le marquis de Sourches (t. IX, p. 293), M. de Toralva ne se retira que sur l'ordre du Grand Prieur.