‹ Memoires du chevalier de QuincyChapitre 7 sur 183 · Cela semble difficile; car ce fut le 9 février 1702 qu'on · texte numérisé non relu

Cela semble difficile; car ce fut le 9 février 1702 qu'on

10 MÉMOIRES [Mai 1704]

tend qu'il avoit mandé à la cour de France qu'un homme qui n'étoit pas en état de conduire son ménage l'étoit encore moins pour conduire une armée*. Ce n'étoit pas l'intérêt pour la France qui faisoit agir ainsi ce prince; mais, comme, depuis longtemps, il s'attendoit (sic) avec les Impériaux et qu'il connoissoit la probité, la candeur, la franchise et les grands talents dans l'art militaire de M. de Vendôme, il craignoit avec juste raison un si grand homme. M. de Vendôme fut averti du propos du duc de Savoie : il ne l'oublia point, comme il se verra dans la suite; car, toutes les places qu'il prenoit en Piémont, il les faisoit raser sur-le-champ^. Il en auroit fait autant de Turin, si le malheur qui accabloit la France pendant l'année 1706 ne nous l'eût pas enlevé pour aller en Flandres, il auroit mis ce prince dans la même situation où Louis XIV avoit réduit le duc de Lorraine^.

Pendant que nous étions à Fontana, notre pont que nous avions sur le Pô à Trin fut emporté par les eaux ;

apprit à Versailles l'affaire de Crémone; M. de Vendôme fut désigné le soir même, sur le refus de M. d'Harcourt, et partit le surlendemain [Dangeau, t. VIII, p. 315 et 318; Mémoires de Saint-Simon, éd. Boislisle, t. X, p. 88-89).

1. Allusion au mauvais état des affaires de Vendôme et au pillage de ses biens par son frère le grand prieur et par l'abbé de Chaulieu [Saint-Simon, t. VI, p. 196-197).

2. Il exigeait aussi que les garnisons se rendissent prisonnières de guerre, comme nous le verrons plus loin pour Verceil, Verue, etc.

3. Le duc Charles V, dont Louis XIV avait confisqué, en 1670, les Etats conquis par le maréchal de Créquy, pour le punir de ses alliances répétées avec l'Empereur. La Lorraine ne fut rendue à son fils Léopold qu'en 1698, par suite des stipulations du traité de Ryswyk.

[Juin 1704] DU CHEVALIER DE QUINCY. 11

celui que les ennemis avoient à Verue et un moulin eurent le même sort, dont nous profitâmes; car l'un et l'autre et le moulin s'arrêtèrent à Casai.

Auparavant de partir de ce camp, nous apprîmes que la citadelle de Suse s'étoit rendue au duc de la Feuillade le 11 de ce mois*.

Enfin, tous les préparatifs pour faire le siège de Verceil étant faits, nous décampâmes le 30 de Fontana pour aller à Desana^, qui est à moitié chemin de ce premier village à Verceil. Nous y restâmes jusqu'au 5 de juin. Le marquis de Senneterre^ resta à Trin avec trois régiments de dragons; outre cela, il avoit encore deux régiments du même corps à Tricerro* sous ses ordres, afin d'être à portée d'aller secourir M. d'Albergotti, qui étoit toujours à Gabiano, village au delà du Pô ; nous y avions un pont.

Le 5, nous partîmes de Desana, après y avoir laissé neuf escadrons et six bataillons. Nous arrivâmes d'assez bonne heure à Montanaro^, village à une petite lieue en deçà de Verceil. Pendant le séjour que notre armée y fit, les ennemis sortirent au nombre de quatre cents chevaux et une trentaine d'housards, pour venir insulter le quartier général, qui étoit à Montanaro. Ils y tuèrent quelques valets, et ensuite ils s'en retournèrent si promptementà Verceil, que les piquets

1. Mémoires militaires, t. IV, p. 127-135; Histoire militaire de Quincy, p. 346-347.

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