Village à une lieue au sud de Chiari
146 MÉMOIRES [Nov. 1705]
voir les secours de troupes qu'ils attendoient. La pluie fut si continuelle et si forte, que le Pô déborda avec une si grande rapidité, que le Mantouan, le Grémonois, le Parmesan et le Plaisantin furent inondés.
Le prince Eugène, voyant l'impossibilité qu'il y avoit de s'établir dans le Mantouan et dans le Grémonois, prit le parti, le 121 novembre, de se retirer dans le Bressan, pour se mettre à portée de recevoir les secours qui pouvoient lui venir d'Allemagne, et pour être plus près de ses vivres ^ M. de Vendôme, ayant su le même jour la retraite des ennemis, rassembla au plus vite toutes ses troupes, qui étoient répandues le long de rOglio. Son dessein étoit de passer cette rivière à Ustiano, parce qu'il n'auroit pas été obligé de passer la Mella, ce qui nous auroit fort abrégé le chemin; mais les eaux avoient été si fort augmentées, qu'il fut obligé de se fixer à la passer à Bordolano. Ce fut le 1 6 que nous passâmes l'Oglio, après avoir laissé neuf bataillons et quatre escadrons, aux ordres de MM. de Médavy, de Toralva et Dillon, sur le haut de cette rivière. Notre avant-garde poussa jusqu'à Verola- Vecchia^, petite ville à la république de Venise. Les troupes qui la gardoient firent d'abord quelques difficultés pour ouvrir les portes; mais, comme elles apprirent que c' étoit la tête de notre armée, elles nous en firent faire des excuses à la vénitienne, et elles nous laissèrent le passage libre. Nous y séjournâmes le 17.
Le 18, nous fûmes camper à Verola-DargiP, petit