Dans le Bressan, entre Quinzano et Manerbio
3. L'atlas de Bâcler d'Albe porte Verola-Alghise. C'est aujour-
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bourg, aussi appartenant à la République, assez bien bâti. M. de Gambara, comte du Saint-Empire, en est le seigneur. M. de Vendôme ayant demandé, le soir précédent, au maréchal des logis de l'armée, où l'on avoit marqué le camp pour le lendemain : « Monsei- « gneur, lui dit-il, de la Vieille-Vérole vous irez à la « Nouvelle. » Le mot dargil, en patois bressan, veut dire nouveau. Cette réplique fit beaucoup rire, non seulement tous les officiers qui étoient présents, mais même ce prince, qui, selon la chronique scandaleuse, avoit passé deux fois par rétamine^, et à qui il en restoit encore un petit ressouvenir ^
J'étois logé dans ce bourg chez un bon prêtre, qui me donna, et à mon camarade, bien à dîner. Après notre repas, je fus au château. Nous y trouvâmes un clavecin dans la grande salle; ce qui nous engagea à faire un concert. Le concert fini, nous nous attendions que le seigneur nous retiendroit à souper, après le plaisir que nous lui avions donné ; il se contenta de nous venir conduire très poliment.
Le lendemain 19, nous décampâmes de bon matin. Une partie de l'armée fut à Pralboino^, une autre près de Cigole^ et l'autre à Manerbio, afin de pouvoir
d'hui Verola-Nuova, bourg sur le torrent du Stirone, à trois kilomètres au nord de Verola-Vecchia.
1. On dit figurément qu'un homme a passé par l'étamine pour dire qu'il a été bien purgé, bien nettoyé par les chirurgiens. [Dictionnaire de Trévoux.)
2. Mémoires de Saint-Simon, éd. Boislisle, t. VI, p. 198-200.
3. Localité située sur la rive gauche de la Mella : ci-dessus, tome I, p. 200.
4. Autrefois Zigoli, village à égale distance de Pralboino et de Manerbio.
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passer la Mella, le 20, à ces trois endroits, ce que nous fîmes, et, en deux jours de marche, nous nous rendîmes à Asola\ où nous passâmes la Ghiese le 23, pour aller camper à Casalmoro^. Je fus bien fâché du fâcheux accident qui arriva à ce petit bourg le lendemain, par rapport à mon hôte qui m'avoit fort bien reçu : M. de Vendôme le fît mettre au pillage, et ensuite il y fit mettre le feu, parce que des bourgeois avoient assassiné deux de nos soldats, qui peut-être le méritoient bien. Gasalmoro est aux Vénitiens. Notre général ne les aimoit point ; il ne savoit que trop que ces républicains favorisoient les Impériaux dans toutes les occasions qui se présentoient.
Le 24, nous marchâmes à Medole^, où nous séjournâmes le 25. Ce même jour, M. de Vendôme, escorté par un gros détachement, fut à Gastiglione-delle-Stiviere pour reconnoître la situation des ennemis, qui étoient postés entre Montechiaro et Garpenedolo, un navile devant eux et la Ghiese derrière.
Le 26, l'armée fut joindre ce prince à Gastiglione. Nous traversâmes une plaine pendant l'espace de deux milles, ce qui nous fit marcher avec grande précaution sur trois colonnes : la première, de toute l'infanterie, elle faisoit celle de la gauche ; la seconde, de toute la cavalerie, qui faisoit le centre, et la troisième, de tous les équipages, qui faisoit celle de la droite. Nous prêtions le flanc aux ennemis, qui n'étoient pas éloignés de nous.