Village du Bressan, près d'Ustiano
6. Dans le Mantouan, près du confluent de la Chiese et de l'Oglio.
7. Robecco-d'Oglio, dans le Crémonais, sur la route de Crémone à Brescia.
8. Gros bourg fortifié sur la route de Mantoue à Crémone ; San-Martino-del-Bozzolo est un village situé à peu de distance au sud-est de Bozzolo.
9. L'état détaillé des quartiers d'hiver est donné dans V Histoire militaire de Quincy, t. IV, p. 620-622; il est curieux de remarquer que le régiment de Bourgogne n'y est pas mentionné, tandis qu'un autre état, publié dans les Mémoires militaires, t. V, p. 758-759, d'après l'original du Dépôt de la guerre, indique bien le régiment comme cantonné à Mantoue.
10. Borgo-San-Giorgio, sur la rive est du lac, communiquait avec la ville par un pont de bateaux.
154 MÉMOIRES [Février 1706]
bourg avec la ville, le commandant du fort, qui me pria, et mes camarades, à souper chez lui. Il nous fit très bonne chère, et bien boire. J'étois logé dans une si mauvaise maison, qui n'avoit ni porte ni fenêtre, que, le lendemain, je me réveillai avec un bon rhume. Piqué au vif de ce logement, je fus à la ville trouver le marquis de Soyecourt, qui me dit sur-le-champ : « Consolez-vous, je vous ai fait garder un apparte- « ment. » En effet, un aide-major du régiment me mena à mon logement, qui étoit près de la place du palais du duc ; je m'y trouvai logé comme un petit roi. Quelques jours après, un comte de mes amis me présenta à plusieurs dames ; elles parloient presque toutes le françois : ainsi nous ne fûmes pas longtemps sans faire connoissance.
Un capitaine du régiment se trouva logé par hasard chez une comtesse (les comtes et les comtesses y pleuvent de toutes parts, dans ce pays d'Italie) ; elle étoit de Casai -Montferrat. J'avois fait connoissance avec elle, deux ans auparavant, lorsqu'elle étoit fille ^ ; je n'avois point eu aucune de ses nouvelles depuis ce temps. Quelle fut donc ma surprise, en allant voir mon ami, de trouver une personne que j'avois fort aimée ! Mes feux se réveillèrent, et je ne cessai, pendant tout le temps que nous avons resté à Mantoue, de lui marquer combien je lui étois attaché. Je m'étois fait ami de son mari, qui étoit amoureux comme un fol d'une cantatrice appelée la Santine^ : ainsi il étoit charmé de l'assiduité que j'avois auprès de sa femme ;