Ibidem, p. 371 et suivantes
3. Chamillart avait d'abord écrit, le 10 juin, à Vendôme pour lui annoncer l'intention du Roi de le charger de réparer les fautes du maréchal de Villeroy; mais ce fut seulement le 24 juin que Louis XIV lui adressa la lettre officielle. Elles se trouvent toutes deux dans la copie de la correspondance de Vendôme, ms. franc. 14178, fol. 76 v° et 85 v°. Les réponses du duc au Roi et au ministre ont été publiées dans les Mémoires militaires, t. VI, p. 639-643. Le Roi disait : « La nécessité d'avoir en Flandres un général à la tête de mes armées, qui
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Nous le vimes donc partir, ce prince, non sans en être vivement touchés. Auparavant de son départ, il est nécessaire de dire les mouvements des deux armées. Le prince Eugène ayant reçu tous les renforts qu'il attendoit, par lesquels son armée étoit beaucoup supérieure à la nôtre, d'autant plus qu'on avoit été obligé d'en détacher dix mille hommes pour aller renforcer l'armée qui faisoit le siège de Turin, il fit tous les préparatifs nécessaires pour passer l'Adige, et M. de Vendôme prit toutes les précautions convenables pour s'y opposer. Il nous fit décamper de Rivoli pour aller occuper les hauteurs de Cavaione, toujours aux ordres de M. d'Albergotti, qui nous fit faire un retranchement depuis le lac de Garde jusqu'à l'Adige. Nous travaillâmes jours et nuits jusqu'à sa dernière perfection : cent mille hommes ne nous y auroient pas forcés. Malgré la bonté de ce retranchement, il nous en fit faire un double, et je crois que nous y travaillerions encore, si M. de Vendôme, qui avoit appris son inquiétude outrée, ne nous en eût débarrassés. Véritablement il nous avoit mis sur les dents; il ne nous laissoit dormir ni jour ni nuit. Ce prince nous envoya M. Dillon pour commander en sa place. Ce dernier se contenta de trente bataillons, et il en envoya dix à M. de Vendôme. Nous commençâmes alors de goûter un peu de repos. J'étois logé à Bardolino', village situé sur le bord du lac de Garde ; j'avois la plus belle
puisse redpnner de la confiance aux troupes et arrêter le cours des progrès de celles de mes ennemis, m'a déterminé à vous tirer d'Italie. »
1. Village du Véronais, célèbre par ses vins, situé entre Garda et Peschiera.
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vue du monde. L'air y étoit excellent. J'allois me promener à un couvent de Gamaldules qui n'en étoit qu'à un pas, d'où la vue étoit encore plus diversifiée. Nous y restâmes jusqu'au 1 6 de juillet, qu'il en fallut partir assez précipitamment pour se retirer derrière leMincio. Nous repassâmes cette rivière à Monzambano, à l'endroit même où le régiment de Bretagne avoit empêché, l'année précédente, le prince Eugène de la passer ^ et où les Impériaux la passèrent en 1701. Nous étions aux ordres de M. de Mursay, qui étoit logé dans une assez grande maison. Il y avoit une grande salle où, d'un côté, ce passage du prince Eugène étoit représenté sur la muraille, peint à fresque, et vis-à-vis étoit représentée l'armée françoise, qui paroissoit être dans l'indolence malgré ce passage des Impériaux ; M. le maréchal de Gatinat paroissoit seulement être occupé à regarder une grosse vivandière habillée à la romaine. Un petit amour voltigeoit au-dessus de la vivandière, qui lançoit un trait au général des François.
En nous retirant de notre camp de Gavaione, nous apprîmes la cause de notre retraite précipitée, qui étoit que le prince Eugène, après avoir fait plusieurs mouvements pour donner l'échange^ au duc de Vendôme, avoit enfin passé l'Adige le 1 3, à Garpi, au même endroit où il avoit passé cette rivière la première année de cette guerre, et où M. de Saint-Frémond fut battu. G'étoit encore lui malheureusement qui