Tome I, p. 335-346, et spécialement p
2. On a vu que le chevalier, de longue date, n'aimait pas Villeroy : tome I, p. 84.
camper. Arrivé, je fus rendre compte au chevalier de Luxembourg, aux ordres de qui nous étions. Il me fît mille compliments et mille politesses d'avoir si bien exécuté ses ordres. Je fus charmé de son discours obligeant ; mais, un moment après, arriva un sergent qui vint lui rendre compte aussi de ce dont il avoit été chargé. Quelle fut ma surprise alors, lorsque je l'entendis faire le même discours et le même compliment qu'il m'avoit fait ! Je fus pénétré et touché du peu de distinction qu'il mettoit entre un capitaine et un sergent. On m'a dit depuis qu'il auroit eu les mêmes politesses envers un savoyard. 11 est nécessaire cependant qu'un officier général mesure ses termes selon le grade des personnes à qui il parle.
Nous partîmes donc le 1 7. En deux jours de marche nous arrivâmes à Crémone ; nous y trouvâmes quantité de chariots, sur lesquels les soldats qui ne pouvoient point marcher se mirent. Nous forçâmes nos marches, afin de regagner les deux que le prince Eugène avoit gagnées sur nous, et afin d'arriver plus tôt que lui devant Turin.
Ce prince passa, le 1 4, la Lenza ; il resta jusqu'au soir près de cette petite rivière. Il fit quatre camps* pour arriver à Stradella. M. de Saint-Amour, grand partisan^, faisoit toujours l'avant-garde de son armée avec un corps de troupes. Gomme l'ennemi ne trouvoit aucun obstacle dans toutes ses marches, il arriva