L'abbaye d'Hasnon se rendit au comte de Lesparre
2. Mémoires de Villars, t. III, p. 138; Siècle de Louis XIV, éd. Rébelliau, p. 368-369.
3. C'est le 26 et non le 25 que INangis arriva [Sourchcs, p. 456; Dangeau, p. 191). Il eut douze raille livres pour sa course {Mémoires de Saint-Simon, t. IX, p. 327).
4. Renée-Thôrèse d'Abon (1659-1736), mariée le 21 janvier 1687 à Jean-Baptiste, marquis de Rouvroy, capitaine de vaisseau, dont Saint-Simon a raconté les prétentions à être de même maison que lui (Mémoires, éd. Boislisle, t. XV, p. 455 et suivantes). Notre auteur connut celle dame lorsqu'il eut épousé en secondes noces M"" d'Oisy, dont le père s'était remarié lui-même à Marie-A.ntoinette de Rouvroy, belle-sœur de la marquise dont il est ici question.
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noit dans la cour du Gheval-Blanc, elle entendit un si grand bruit et un si grand tumulte, qu'elle s'imagina que tout étoit perdu et que la cour se préparoit à partir pour Ghambord. Dans cette crainte, elle se lève précipitamment, ouvre une fenêtre, et elle s'informe à la première personne de ce qui causoit ce grand mouvement. Elle fut bien rassurée, lorqu'on lui eut dit que le marquis de Nangis venoit d'arriver de l'armée; qu'apparemment qu'il y avoit de bonnes nouvelles, puisque le Roi s'étoit levé sur-le-champ pour faire chanter le Te Deum dans la chapelle, et que tout le monde marquoit une joie des plus vives. Le Roi cependant n'ordonna qu'on chantât le Te Deum à Notre- Dame de Paris que lorsqu'il fut informé que le prince Eugène avoit levé le siège de Landrecies. Ce grand prince ne faisoit rien précipitamment.
Gomme j'étois de piquet la nuit du 24 au 25, je fus obligé de passer à la tête du régiment, quoique très fatigué. A deux heures de nuit, M. de Montlezun, capitaine de gendarmerie', fut tué en se promenant le long de la ligne, par un coup de fusil tiré de notre armée. Ge fut une perte pour sa famille et pour ses amis; il étoit fort estimé. J'entendis le bruit du coup.
Le lendemain 25, je me rendis à la tête de mon piquet, à une heure de jour, à l'endroit où s'assembloient les grandes gardes. L'aide-major général de l'armée^, après nous avoir donné à chacun nos ordres,
1. Il ne semble pas que ce soit le même personnage que celui dont il a été question ci-dessus, p. 117, comme lieutenant de roi du Quesnoy.
2. C'était M. de Villars, d'une famille de Poitou, qui avait d'abord été mousquetaire, enseigne aux gardes françaises en
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nous dit : « Messieurs, le comte de Broglie s'est « emparé, il y a deux heures, de Marchiennes, dans « lequel il y a une quantité de munitions de guerre et « de bouche. » Cette nouvelle étoit bien fausse; mais il nous la lâcha afin (ju'elle fùl distribuée dans tous les postes qui environnoient l'armée, ne doutant pas qu'elle ne parvînt au prince Eugène, ce qui pouvoit l'obliger à lever le siège de Landrecies. A la guerre, il faut se servir de toutes sortes de ruses.
Dès que j'eus relevé la garde du poste qui m'avoit été destiné (c'étoit Moncicourt', village sur une hauteur d'où on découvre le pays à quatre lieues à la ronde, et qui étoit entre notre armée et Douay), je m'informai à un paysan où étoit Marchiennes. Me l'ayant montré : « Nous nous sommes emparés, lui « dis-je, de celte ville au matin. » — « Non, Mon- « sieur, me répondit-il, en branlant la tête, vous n'en « êtes pas les maîtres. » Dans le temps que je lui soutenois le contraire, et qu'il étoit toujours sur la négative, nous en vîmes tirer du canon. « Eh bien, <r Monsieur, me répliqua-t-il, n'avois-je pas raison? « Vous ne pouvez vous en emparer que par un siège, a et ce sera un grand coup si vous la prenez; car il « y a des biens immenses dedans. » Je m'aperçus alors du godant^ que nousavoit donné Monsieur l'aidemajor général .
1G02, et aide-major de ce régiment en 170G; il avait eu un brevet de colonel en avril 1712. C'est lui qui fut chargé d'aj)porter au R<»i les vingt-six drapeaux pris à Denain.
1. Aujdurd liui >h)nchecourt, à six kilomètres nord-ouest de Bouchain.