‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 122 sur 203 · Tome I, p · texte numérisé non relu

Tome I, p

[Août 1712] DU CHEVALIER DE QUINCY. 167

Douay à la barbe d'un prince Eugène, nous ne cessions de travailler jour et nuit à nous mettre en état de le bien recevoir, d'autant plus que nous apprîmes qu'il avoit été décidé par les députés de Hollande et par tous les officiers généraux, dans un conseil de guerre que ce prince avoit tenu le 1 1 , qu'il falloit nous attaquer dans nos lignes.

Pour mettre en exécution leur projet, l'armée des alliés décampa le 1 2 de Seclin pour venir camper à Raimbeaucourt ^ , dont on fit le quartier général ; elle amenoit avec elle une quantité prodigieuse de fascines, de gabions, de claies, et cinquante-cinq pièces de gros canon. Elle avoit sa droite appuyée à ÉpinoyS et sa gauche s'étendoit jusqu'à l'abbaye de Flines, près de Pont-à-Rache. Il y avoit de la droite à la gauche trois lieues.

L'approche de l'armée ennemie de ce côté-là nous obligea de porter toutes nos forces entre la Scarpe et le canal de Douay à Lille.

Pendant les quatorze jours que le prince Eugène resta dans ce camp, il se rendoit presque tous les jours avec un gros détachement, tantôt vis-à-vis notre droite, tantôt vis-à-vis notre gauche, et tantôt vis-à-vis notre centre. Nous étions dans un mouvement continuel, et le jour et la nuit, ce qui nous fatiguoit extrêmement; mais, comme nous comprenions tous que ces marches et contremarches étoient absolument nécessaires, nous supportions les fatigues avec plaisir.

Malgré le voisinage de l'armée ennemie, on tra-

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