‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 123 sur 203 · Nord, arrondissement et canton de Douay · texte numérisé non relu

Nord, arrondissement et canton de Douay

2. Hameau de la commune de Carvin, sur la route de Lille à Lens.

168 MEMOIRES [Août 1712J

vailloit vivement aux préparatifs pour l'ouverture de la tranchée. Il avoit été décidé que le niaréclial de Montesquieu auroit le détail du siège, qu'on attaqueroit le fort de Scarpe en même temps que la ville (ce que les alliés n'avoient pas fait), qu'il y auroit un lieutenant général et un brigadier pour l'attaque de la ville, et un maréchal de camp pour le fort.

Douay. — La ville de Douay^ est située sur la rivière de la Scarpe, qui la traverse. Elle est très ancienne; elle avoit autrefois ses seigneurs particuliers ; mais, par la suite des temps, elle a été réunie avec la ville de Lille sous un même corps d'État^. C'est présentement une des plus fortes places de la Flandre ; on peut presque l'environner par l'inondation ; elle est protégée par le fort de Scarpe, qui en est éloigné d'un petit quart de lieue. Les ennemis avoient beaucoup augmenté les fortifications depuis la conquête qu'ils en avoient faite. Il y a à Douay une célèbre université\ où beaucoup d'étrangers viennent, non seulement pour y faire leurs études, mais pour apprendre la langue françoise. Cette ville avoit été cédée à la France par le traité d'Aix-la-Chapelle fait en 1 668 ; Louis XIV s'en étoit emparé l'année d'auparavant.

1. Lorsque notre auteur a parlé de Douay, à l'occasion de la prise de la ville par les alliés en 1710 (ci-dessus, p. 9 et suivantes), il n'en a pas donné de description.

2. Pendant le xvii" siècle, la gouvernance de Douay faisait en effet partie de celle de Lille; c'était un infime corps, divisé en deux, qui avait |)our chef le gouverneur de Lille. Une ordonnance de KiO.'j érigea en offices héréditaires les r.harges delà gouvernance de Douay et établit raulniioiiiie de ce tribunal.

3. Fondée en 1562 par le pape l'aul IN et le roi d'Espagne Philip|)e II.

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Il y avoit dans la ville neuf bataillons et deux cents chevaux, et cinq cents fantassins dans le fort de Scarpe, le tout aux ordres de M. Hompesch, qui en étoit gouverneur, officier général de réputation.

Tout étant préparé pour l'ouverture de la tranchée, elle fut ouverte, la nuit du 15 au 16 août S par le marquis d'Alègre, avec quatre bataillons du régiment des gardes françoises, fort près de la ville, à deux endroits différents : l'un, vis-à-vis la porte de Notre- Dame, près de la Justice (cette justice relève d'Oisy ; les magistrats de Douay sont obligés tous les ans de venir présenter une lance de bois, par rapport à cette justice, aux comtes d'Oisy)^, et l'autre, vis-à-vis la porte Saint-Éloy. On fît une parallèle qui communiquoit de l'une à l'autre. Les ennemis s'en aperçurent dans le moment. Il faisoit un très beau clair de lune ; nous perdîmes beaucoup d'officiers et beaucoup de soldats. Le chevalier des Touches \ homme des plus aimables, qui commandoit l'artillerie, fut blessé si dangereusement, qu'il ne fut pas en état de servir le reste de la campagne^. M. de Mimeure, maréchal de

1. C'est au soir du 14 août que la tranchée fut ouverte [Gazette, p. 442; Mémoires de Villars, t. III, p. 163; Mémoires militaires, p. 103; Histoire militaire, p. 80).

2. La terre d'Oisy avait été, au moyen âge, le fief de la branche cadette des anciens châtelains de Douay, et ces cadets avaient eu en partage la suzeraineté de la terre de l'Escarpelle, dans la banlieue de Douay; le prévôt de cette ville leur devait hommage pour cette terre. La suzeraineté passa à leurs successeurs seigneurs d'Oisy (Brassart, Histoire du château et de la châtellenie de Douay, t. I, p. 62).

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