En l'honneur de la fête de la Nativité de la Vierge
182 MÉMOIRES [Sept. 1712]
toutes les portes étoient fermées. Ainsi, accablé d'un frisson violent que j'avois, il fallut cependant attendre deux bonnes heures sur mon cheval que la procession fût finie. Je fus logé dans une hôtellerie, où il n'y avoit qu'une seule petite chambre au rez-de-chaussée de la cour. On y faisoit le jour et la nuit un bruit insupportable.
Laissons un moment ma fièvre et retournons au siège de Douay, et parlons des mouvements que firent et le prince Eugène et le maréchal de Villars. Celui-ci ayant appris que le général de l'Empereur avoit abandonné son camp de Seclin pour s'approcher de Tournay, et qu'il avoit fait passer l'Escaut près de cette dernière ville à quarante escadrons' aux ordres du prince de Hesse-Cassel^, il envoya, le 4, M. de Saint- Frémond, le comte de Groissy et le comte de Beauvau^ à la tête de quatre brigades de cavalerie et une partie de son infanterie, à Denain, comme j'en ai parlé ci-dessus 's afin d'être à portée de s'opposer aux desseins du prince Eugène ; et, de son côté, il poussa le siège vivement.
Le 7 septembre, tout étant préparé pour l'attaque du chemin couvert et des trois lunettes qui le protégeoient, il ordonna à M. de Valori de faire les dispositions nécessaires, après lui avoir fait venir trente