Villars, dans ses Mémoires (t. III, p. 214-215), raconte
240 MÉMOIRES [Sej.t. 1713]
Bourg, lieutenant général, qui avoit été à la tête d'un gros détachement pour reconnoître les lignes, en ayant rendu compte au maréchal de Villars, celui-ci fit la disposition suivante. Il forma trois attaques : il chargea le premier^ et M. de Silly, maréchal de camp, de l'attaque de la droite; le comte d'Estrades, lieutenant général, et le duc de Mortemart, maréchal de camp, de celle de la gauche; et le chevalier d'Asfeld^, lieutenant général, et le marquis Le Guerchoys de celle du centre. Les princes et la plus grande partie des officiers généraux accompagnèrent le maréchal, qui resta à l'attaque de la droite comme l'endroit le plus dangereux et le plus difficile : c'étoit le camp retranché de la montagne du Rosskopf^, qui veut dire en allemand tête de cheval. Cette montagne, que nous grimpâmes le lendemain 21 pour nous rendre dans la vallée de Saint-Pierre, étoit si escarpée, que nous fûmes tous surpris comment nos grenadiers avoient pu parvenir jusqu'au sommet et pénétrer les retranchements défendus par les ennemis.
Cependant les trois attaques, qui s'étoient faites en même temps, réussirent parfaitement bien. Les troupes qui les défendoient étoient aux ordres de M. de Vaubonne, lieutenant général de l'Empereur, lequel avoit acquis une grande réputation. Nos grenadiers poursuivirent les Impériaux jusqu'à la Char-
avec détail cette brillante action et l'attaque audacieuse du Rosskopf. Voyez aussi la Gazette, p. 479, les Mémoires militaires, p. 350-451, et V Histoire militaire, p. 258-259.