Ci-dessus, p
3. Dans le district de Lahr. Le Dreisam n'est pas un affluent du Rhin, mais de lElz, et c'est cette dernière rivière qui se jette dans le fleuve en amont de Nonnenweier.
4. A la suite d'une rZ-volte, Hugues ou Egon de Fiirsleiiberg céda la prévolé de Frihourg à son cousin le duc d'Autriche, pour le prix de douze mille pièces d'or, dont il acheta la seigneurie de Madciiwciler.
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fort de l'Étoile du côté de l'Escargot. Presque tous ces ouvrages sont construits sur Ife roc vif.
Le baron d'Arsch^, officier général d'une valeur, d'une intrépidité et d'une fermeté distinguées, et très consommé dans l'art militaire, étoit chargé de la défense de cette place. G'étoit un homme de soixante ans, d'une belle physionomie. Il ne tint pas à lui que nous n'en levâmes le siège, comme il se verra dans la suite de cette relation. 11 avoit avec lui quinze bons bataillons et cinq cents chevaux^.
Persuadés que nous serions longtemps devant cette place, nous fîmes, mes camarades et moi, une grande provision de bois et de fourrages. Nous étions logés dans une bonne maison, nous avions chacun notre chambre.
Toutes les troupes qui étoient campées dans la vallée de Saint-Pierre et sur les hauteurs voisines furent destinées à faire le siège du château ; elles étoient au nombre de quarante bataillons. Ainsi, notre brigade fut de ce siège, et le chevalier d'Asfeld étoit chargé, non seulement de la défense de la vallée de Saint- Pierre et des retranchements qui étoient sur les montagnes voisines, mais aussi du détail du siège du château. A l'égard du détail du siège de la ville, c'étoit
1. Il y a un plan des fortifications de Fribourg dans Y Histoire militaire de Quincy, et un autre dans l'atlas des Mémoires militaires.
2. Ou plutôt de Harsch. Il était feld-raaréchal-lieutenant des armées impériales. Son journal du siège a été publié en 1898 par M. Fr. von der Wengen, dans Zeitschrift... von Freiburg dem. Brisgau, etc., t. XIV.
3. Les Mémoires militaires (p. 357) disent dix-sept bataillons.
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le comte du Bour^, comme le plus ancien lieutenant général, qui en fut chargé.
Ouvertures des tranchées devant la ville et le château. — Les préparatifs, auxquels on travailloit depuis que nous étions arrivés, étant faits pour les ouvertures des tranchées, elles se tirent la nuit du 30 septembre au 1®" octobre, à deux endroits différents de la ville, l'une devant la porte de Saint-Christophe', et l'autre à la porte des Pêcheurs. Dès la même nuit, par le moyen de la première parallèle, elles se communiquèrent-. Il y avoit neuf bataillons et six compagnies de grenadiers auxiliaires, aux ordres du comte du Bourg, du marquis de Silly et de deux brigadiers. Il y avoit un escadron de la maison du Roi à la queue de la tranchée. Les bataillons éloient les régiments des gardes et celui de Saillant. Les assiégés firent à la pointe du jour une petite sortie pour reconnoître nos travaux. Ils se retirèrent ensuite bien vile.
La tranchée devant le château fut montée par les trois bataillons du régiment de Piémont, aux ordres d'un brigadier. Elle commençoit en bas de la montagne près de la Chartreuse. Cette même nuit, on lit trois batteries, dont deux de canons, l'une de six pièces, pour battre le château de Saint-Pierre et le fort de l'Étoile, une autre de sept pièces pour battre le fort de l'Escargot, et une de mortiers. Nous perdîmes (jiiolques soldats devant la ville et devant le château.
Le bruit général éloil parmi les officiers de l'armée
1. Villars [Mcinoirrs, p. 217 et 218) dit : la porte Saint- Martin.
2. Mémoires militaires, p. 363-643; Mémoires du maréchal de Villars, p. 218; Histoire militaire, p. 267.
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que nous attaquions et la ville et les châteaux par les endroits les plus forts; qu'on devoit attaquer la ville du côté de la porte du Secours, autrement dite de Souabe, et en même temps attaquer le château le plus près de la ville, après avoir détourné la rivière de Treisam, qui forme de ce côté-là trois branches. Nos deux attaques se seroient communiquées et se seroient protégées l'une et l'autre. Il est vrai qu'on auroit vu nos tranchées devant la ville, du château, à revers; mais, moyennant de bons épaulements élevés de distance en distance, on auroit obvié à ce mal. On fut surpris de ce que M. de Valori, célèbre ingénieur, n'avoit pas pris ce parti ^.
Le lendemain 2, les trois bataillons de Picardie, les trois de la Reine, trois autres bataillons, et toujours six compagnies auxiliaires de grenadiers, relevèrent la tranchée devant la ville, aux ordres de M. de Saint- Frémond.
Sortie du côté de la ville. — Sur les trois heures après-diner, nous entendîmes un feu terrible de mousqueterie et de canons du côté de la ville. Le gouverneur s'étant aperçu que la gauche de la tranchée
1. Voici ce que disent à ce sujet les Mémoires de Villars (p. 217-218) : « Le sieur de la Battue, qui avoit commandé dans le château de Fribourg, vouloit qu'on attaquât par la porte de la ville qui est au pied de ce château, et sa raison étoit que, par cette attaque, on pouvoit saigner la rivière que l'on fait passer dans les fossés de la ville. Ce la Battue avoit raison ; mais Valori et les ingénieurs l'emportèrent auprès du maréchal de Villars. Tant il est vrai que l'on est souvent forcé de se rendre aux raisons de ceux que l'on charge directement de l'attaque, et cela parce que, quand on leur fait violence, ils voient avec plaisir tout ce qui ne réussit pas. »
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devant la ville étoit en l'air', il fit faire une sortie de (|uatre cents hommes d'infanterie, qui marchèrent si rapidement sur nos travailleurs, (|u'ils les mirent en fuite |)ar la plaine : ce que cent cinquante dragons à cheval qui étoient sortis en même temps qu'eux ayant aperçu, allèrent au grand galop sur eux, et ils en sabrèrent beaucoup^. Le régiment de la Reine, qui étoit de ce côté-là, marcha sur-le-champ aux quatre cents fantassins ennemis, et ils les obligea de retourner bien vite dans leurs chemins couverts. Pendant cette sortie, les assiégés ne discontinuèrent point de faire un feu très vif de leurs canons et de leur mouscjueterie, ce qui nous fit perdre bien du monde. M. de Beaujeu, maréchal des logis de notre cavalerie^, eut le talon emporté d'un boulet de canon*, et M. de Saint-
1. D'après le Dictionnaire de Tnh'ou.r, cela se dit, en termes de guerre, d'un corps de troupe qui n'est pas soutenu par un autre ou qui en est trop éloigné.
2. Sur cette sortie, voyez la Gazette, p. 492-503; V Histoire militaire, p. 2G8 ; les Mémoires militaires, p. 364-365, cl les lettres que Villars écrivit le jour môme au ministre Voysin, dans ses Mémoires, p. 350.
3. Eugène de Beaujeu, major d'un régiment de cavalerie dès 1601, n'obtint le grade de colonel qu'en 1706; il remplit de 1700 à 1712, comme brigadier, les fonctions de maréchal général des logis de la cavalerie à l'armée de Flandre, puis à l'aruiéc d'Allemagne en 1713. Sa blessure lui fit obtenir la lieulcnance de roi des Invalides, puis le gouvernement en 1728; il niourul en 1730, ayant depuis 1719 le grade de maréchal de camp.
4. Mllars (Mémoires, p. 218) dit qu'il eiil la jambe emportée par un boulet ; le marquis de Quincy [Histoire militaire, p. 268) ne parle que du talon, mais ajoute qu'on fut obligi- do lui couper la jambe.
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Sernin^, qui se fourroit toujours partout, une contusion à la jambe et son cheval tUé sous lui.
Par cette sortie faite à propos, nos généraux comprirent qu'ils avoient à faire à un homme parfaitement capable de bien défendre sa place : aussi prirent-ils toutes les précautions possibles pour bien assurer leurs tranchées, surtout à la gauche, qui n'étoit appuyée à rien et que rien ne protégeoit. On y fit de bonnes redoutes aux flancs des parallèles, afin de les assurer.
Le même jour de la sortie, on travailla sur la droite à une batterie de six mortiers, au centre à deux batteries, une de six pièces et l'autre de trois, et, à la gauche, à une de huit pièces. Du côté du château de Saint-Pierre, on fit une batterie de sefft pièces de canon. La tranchée fut relevée de ce côté-là toujours par un brigadier, avec trois bataillons et quatre compagnies auxihaires de grenadiers.
Jusqu'au 4, il ne se passa rien d'extraordinaire, ni à la ville ni aux châteaux, que deux de nos batteries qui commencèrent à tirer du côté de la ville à la pointe du jour, et une du côté des forts. La nuit du 4 au 5, on finit la seconde parallèle du côté de la ville. A l'égard du côté des châteaux, une autre batterie de sept pièces de canon se fit entendre à la pointe du jour; trois pièces tiroient sur l'Escargot, et quatre pièces sur le fort de l'Étoile. Ce jour-là, je fus de grande garde sur une montagne pour couvrir notre camp ; nous découvrions du sommet et la ville et tous les châteaux. Il y faisoit un froid et un vent très sensibles : aussi les soldats firent-ils grand feu.