‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 177 sur 203 · François, baron de Mercy, tué à Nordlingue en · texte numérisé non relu

François, baron de Mercy, tué à Nordlingue en

5. Bataille de Fribourg [Histoire des princes de Co/nié, t. IV, |). 317-335).

[Oct. 1713] ■ DU CHEVALIER DE QUINCY. 261

que des autres camps, sur cettje hauteur : ce qui devoit naturellement donner à penser aux assiégés qu'il alloit se passer quelque affaire des plus importantes; il est à présumer cependant qu'ils n'y firent aucune attention, comme on pourra le remarquer dans la suite.

Sur les six heures du soir, nous vîmes paroître le signal donné, qui étoit douze bombes tirées en même temps. Il est à remarquer que les Impériaux s'attendoient si peu à cette attaque, que, dans le moment que nos troupes marchoient au chemin couvert, ils faisoient une sortie de douze cents hommes, lesquels se trouvèrent, pour ainsi dire, nez à nez avec nos grenadiers^.

Les douze bombes ne furent pas plus tôt tombées, que nous vîmes et entendîmes un feu d'enfer de part et d'autre; comme nous étions sur le flanc, nous voyions distinctement celui qui partoit de nos troupes et celui qui partoit des assiégés. Les bombes, les grenades remplissoient l'air continuellement, le bruit du canon et de la mousqueterie ne cessoit de se faire entendre. Jamais feu d'artifice n'a été exécuté avec une si grande rapidité : spectacle surprenant et magnifique, mais en même temps horrible. Nous nous disions : « Combien de nos ennemis et de nos pauvres camarades sont tués présentement ! Combien d'estropiés pour toute leur vie! » Plus le combat duroit, et plus nos inquiétudes augmentoient. Nous nous apercevions que les ennemis faisoient un feu continuel de la lunette et que les grenades en sortoient toujours

Page 1