‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 176 sur 203 · Claude de Pina : tome II, p · texte numérisé non relu

Claude de Pina : tome II, p

[Oct. 1713] DU CHEVALIER DE QUINCY. 259

A l'égard des attaques du côté de la ville, le maréchal, pressé par la saison^ et les fourrages devenant de jour en jour plus rares, se détermina à faire faire toutes les dispositions nécessaires pour l'attaque du chemin couvert à l'entrée de la nuit du 14 au 15, quoique nous en étions encore fort éloignés, et que même les défenses de la place n'étoient pas assez ruinées. Il arriva le 14, sur les cinq heures du soir, dans la tranchée, pour mettre en exécution ce grand projet, et il fit la disposition suivante.

Attaque du chemin couvert de la ville-. — Le marquis de Vivans, lieutenant général de la tranchée, étoit chargé de l'attaque de la droite avec douze compagnies de grenadiers, soutenues d'autant de piquets et des deux bataillons de Poitou et des deux de Royal- Roussillon. M. de Monera^, brigadier des armées du Roi et lieutenant-colonel du régiment d'Alsace, commandoit l'attaque du centre avec douze autres compagnies de grenadiers, douze piquets et deux bataillons du régiment d'Alsace, et M. d'Orbessan^ lieutenant-

1. La neige était déjà tombée avec abondance {Mémoires de Villars, p. 223).

2. Sur cette opération, voyez les Mémoires militaires, p. 373- 378, avec une lettre très détaillée de Villars, écrite le jour même au Roi; V Histoire militaire, p. 274-278; la Gazette, p. 513- 516; les Mémoires de Villars, p. 221-223.

3. C'est aussi le nom que donne le maréchal de Villars dans sa lettre du 15 octobre [Mémoires militaires, p. 375), quoiqu'il ne soit pas indiqué dans le tableau de la disposition de l'attaque (p. 644), qui est d'ailleurs très différent.

4. C'était un gentilhomme de Gascogne, capitaine, puis major au régiment du Roi, chevalier de Saint-Louis en mars 1704, fait brigadier en mars 1711. — La Gazette dit : M. d'Ormesson.

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colonel (In rôi^fiiiient du Roi cl brij^adier, étoit chargé de rallacjue de la gauciie avec douze compagnies de grenadiers, autant de piquets et les deux autres bataillons d'Alsace. M. de Charmont, brigadier des ingénieurs \ a voit la direction des logements de la droite, M. de Celle du centre, et M. d'Estollés^ de la gauche. Les princes et la plus grande partie des otiîciers généraux se rendirent aussi dans les tranchées pour être témoins de l'action, une des plus sérieuses, des plus hardies, pour ne pas dire téméraires, et des plus brillantes qui se soient passées dans le cours de cette guerre.

Outre les troupes ordinaires de la tranchée, le maréchal avoit l'ait venir à la queue deux brigades d'infanterie et cinq cents hommes de celle de Picardie, afin de s'en servir lorsqu'il en auroit besoin. Pendant que nous dînions, nous apprîmes, dans notre camp de la vallée de Saint-Pierre, qu'on devoit attaquer le chemin couvert : nous pressâmes notre repas pour monter au plus tôt à cheval, afin de nous rendre sur la hauteur de la chapelle des Mille -^j lieu renommé depuis les combats que le grand prince de Condé y donna contre le général Mercy*, le 3 et le 5 du mois d'août 1644, où les Bavarois furent défaits \ Nous étions bien deux mille officiers, tant de l'armée du maréchal de Villars

1. De la famille des Ilennequin de Paris; il avait élé blessé grièvement devant Nice en décembre 1705.

2. L' Histoire militaire l'appelle : M. des Estoflés. '.\. (;i-dossus, p. 242.

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