‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 21 sur 203 · XX NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XX NOTICE PRÉLIMINAIRE

lui survécut onze ans, et ne mourut que le 22 juin 1749*.

C'est après la mort de sa seconde femme que le chevalier de Quincy, pour occuper sa solitude, se mit à rédiger ses Mémoires. On peut préciser assez exactement leur date de rédaction. L'auteur fait, en effet, plusieurs allusions à des événements contemporains de l'époque à laquelle il écrit. Parlant d'un de ses condisciples (tome I, p. 27), Jean Lavaud, il ajoute qu'il est actuellement provincial des Jésuites; or, le P. Lavaud fut provincial de 1738 à 1742. A la fin de la campagne de 1706 (tome II, p. 237), il parle de M. de Margeret comme mort ; or, il mourut le 16 février 1738. Enfin, il semble que le cardinal de Fleury, mort le 29 janvier 1743, n'existait déjà plus lorsqu'il parle de lui dans le récit de la campagne de 1707 (tome II, p. 254). On peut donc dire que les Mémoires ont été rédigés entre 1738 et 1745 au plus tard. Il y avait alors environ vingt-cinq ans que l'auteur avait quitté le service.

Comment se fait-il donc qu'il ait pu, après un si long intervalle, se souvenir assez exactement des événements de sa carrière militaire pour indiquer avec une précision scrupuleuse la succession des faits selon l'ordre des dates? C'est qu'il avait d'autres guides, et plus sûrs, que sa mémoire. D'abord, il avait fait naguère, au jour le jour, des relations sommaires de ses campagnes^, et ensuite, de même que Saint- Simon, à la même époque, brode ses brillantes fantaisies sur la trame régulière et correcte, mais froide et sans vie, du Journal de Dangeau, de même le chevalier de Quincy, s'il est permis de le comparer de bien loin à si illuï^tre écri-

\ . On trouvera son acte d'inhumation à l'Appendice du tome III, p. 299.

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