Voyez ce que dit Saint-Simon sur la conduite de Villars
[Avril 1710] DU CHEVALIER DE QUINCY. 3
sortoit de son appartement de Versailles pour aller chez S. M., qui lui avoit fait prêter l'appartement de Madame la Duchesse, afin d'aller conférer de temps en temps avec lui, il ne boitoit point; mais, à mesure qu'il approchoit de la chambre du Roi, il commençoit à boiter, et, lorsqu'il y entroit, il boitoit presque jusque à terre.
Le maréchal de Montesquiou eut ordre de la cour d'abandonner les lignes aussitôt que les ennemis marcheroient à lui\ d'autant plus qu'il n'avoit pu, faute de fourrage, assembler que neuf mille hommes d'infanterie pour les soutenir ^ Ce général fut si mal informé de la marche des alliés, que, le jour même, qui étoit le 210 avril, qu'ils vinrent pour les attaquer, il avoit envoyé au fourrage. Il est vrai, nos troupes se retirèrent bien à propos ; mais la plus grande partie des équipages et des chevaux des officiers de cette infanterie furent pris. Cette grande faute nous donna très mauvaise opinion de ce nouveau maréchal de France. Les soldats firent des chansons sur lui, dont le refrain étoit : Montre ton cul, en faisant allusion à son nom de Montesquiou.
Je ne sais la raison pour laquelle ce général prit ce nom de Montesquiou^, en quittant celui d'Artagnan, qu'il avoit toujours porté jusqu'au moment qu'il fut
au début de cette campagne [Mémoires, éd. 1873, t. VIII, p. 32-35).
1. Cela semble contraire à la lettre du Roi du 20 avril [Mémoires militaires, p. 17), d'où il résulte que le maréchal pensait pouvoir défendre les lignes, et que le Roi l'y encouragea.