Michel le Camus des Touches : lomt- II, p
[Avril 1710] DU CHEVALIER DE QUINCY. 5
ils ne songent qu'à leurs propres intérêts. Le duc de Beauvillier, quoique dévot, eut le crédit de faire envoyer le chevalier des Touches et son régiment à Bouchain, et de faire mettre en sa place le duc de Mortemart, son gendre S afin de le faire faire maréchal de camp, comme cela arriva après la prise de Douay^. Le pauvre des Touches en fut si piqué et pénétré de chagrin, qu'après la campagne finie il quitta le service. C'est ainsi que le Roi perd souvent d'excellents sujets. En vérité, les ministres de la guerre devroient avoir plus d'attention aux mérites et aux services des anciens officiers; S. M. en seroit certainement mieux servie.
Quelques jours après que je fus arrivé à Valenciennes, l'électeur de Gologne^ qui y faisoit sa résidence, fit l'honneur à notre régiment d'en bénir les drapeaux. Il célébra la messe pontificalement, et il ordonna aux officiers d'avoir l'épée nue à la main pendant l'Évangile et au lever-Dieu*. Le service fait, nous fûmes baiser les uns après les autres son anneau
1. Louis II de Rochechouart (1681-1746), duc de Mortemart avait épousé, en 1703, Marie-Henriette de Beauvillier, sa cousine germaine; sa mère, fille de Colbert, était sœur cadette des duchesses de Beauvillier et de Chevreuse. « Il n'avoit ni les mœurs ni la conduite d'un homme à devenir gendre du duc de Beauvillier, » dit Saint-Simon. [Mémoires, éd. Boislisle, t. XI p. 331.) ' ' '