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10 MÉMOIRKS [Avril 1710]
trois bataillons de Piémont, des deux de Gharosl, des deux de Touraiiie, d'uu de la Sarre, deux de Soire, deux de SaintougeS d'un de Royal-artillerie et d'un de Monlboissier^, de deux compagnies de canonniers, d'une brigade de mineurs et d'une de bombardiers.
11 y a voit dans le fort de Scarpe^ trois bataillons, six com|)agnies d'invalides et un détachement de bombardiers et de canonniers*.
Pendant (|ue toutes nos troupes étoient dans leurs garnisons et dans leurs quartiers d'hiver, et qu'elles n'en pouvoient sortir faute de fourrages secs, les ennemis se mirent en état de faire le siège de cette place, comme on l'avoit prévu. Ils arrivèrent devant, le 22 avril, au nombre de quarante escadrons et de quarante bataillons. Sur-le-champ, ils firent travailler aux lignes (le circonvallation '. Quelques jours après, il leur arriva quatre-vingts pièces de canon de batterie, quatre-vingts mortiers et vingt-cinq pierriers^. Toutes leurs troupes, tant celles destinées pour ce siège que celles qui composoient l'armée d'observation, mon-
1. Régiment créé en 1584; il avait alors pour colonel M. de Lannion, ci-dessus.
2. Levé en 1702 par Philippe-Claude, marquis de Montboissier-Beaufort, ce régiment était passé, le 18 avril 1710, entre les mains de M. de Longuerue; il fut licencié en 1713.
3. Au nord-est de la ville, sur le bord de la Scarpe, qui on formait les fossés. Voyez le plan donné par le général Pelet dans l'Atlas des Mémoires militaires.
4. Le général Pelet a donné un état de la garnison de Douay au 14 avril : p. 266.
5. Mémoires militaires, p. 20-21; Gazette, p. 215; Histoire militaire do Quinry, t. VI, p. 318-310.
6. Soixante-dix pièces de canon et (jualro-vingls mortiers (tu piorriors, dit lo marquis de Quincy.
[Mai 1710] DU CHEVALIER DE QUINCY. 11
toient à cent quarante mille hommes, aux ordres du prince Eugène et du duc de Marlborough. Ainsi, ces armées étoient de dix mille hommes de plus que l'année précédente. Il y eut beaucoup de nos officiers qui furent faits prisonniers en voulant se jeter dans Douay pour aller rejoindre leurs régiments.
Nous apprîmes que, le \" de mai, les assiégeants s'étoient emparés du fort de Dorignies^, qui protégoit la communication de Douay au fort de Scarpe.
L'armée d'observation, commandée par milord Marlborough, avoit sa droite à Vitry-sur-Scarpe-^, qui étoit le quartier de ce général, sa gauche au canal du Moulinet% près d'Arleux^ et son centre à Tortequenne^.
Le prince Eugène, qui s' étoit chargé du siège, et dont le quartier général étoit à Belleforière^, château appartenant au marquis de ce nom^, parent de notre colonel par sa mère^, ayant fait tout préparer pour l'ouverture de la tranchée, elle se fit la nuit du 4 au 5 de mai, à deux endroits différents, entre les portes d'Esquerchin et d'Ocre^.
1. Petit village au nord de Douay et maintenant compris dans les faubourgs de la ville.
2. Aujourd'hui chef-lieu de canton du Pas-de-Calais, sur la Scarpe, en amont de Douay.