‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 41 sur 203 · i-après, p · texte numérisé non relu

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[Juin 1710] DU CHEVALIER DE QUINCY. 25

ries, de grands étangs et des droits magnifiques; outre cela, le seigneur dîme sur toute sa terre, ce qui lui fait un revenu bien commode. Je compte qu'année par année, elle rapporte bien soixante mille livres de rente ^ On me demandera d'où vient que ce prince donna cette terre à si bon marché. En voici la raison : il faisoit argent de tout, afin de se mettre en état de conquérir et de conserver son royaume, que la maison d'Autriche et la maison de Guise, sous prétexte de religion, vouloient lui enlever. Cette terre venoit de la maison de Coucy^, qui la possédoit du règne de Philippe-Auguste : un sire de Goucy qui vivoit de ce temps-là a fondé l'abbaye du Verger, qui est à un gros quart de lieue du bourg d'Oisy; il est enterré, lui et sa femme, dans l'égHse de l'abbaye; iis ont chacun leur tombeau. Cette terre est tombée depuis par mariage dans la maison de Luxembourg^ et ensuite, encore par mariage, dans la maison de Bourbon'^. Ce fut Antoine de Tournay et Charlotte Franeau, sa femme, qui l'achetèrent du commissaire d'Henri IV, le 4 mars 1605, du temps que l'Artois, d'où dépend la terre d'Oisy, étoit possédé par les Archiducs. Depuis, elle est venue dans la maison d'Assignies, par la dona-

1. Voyez le Grand Dictionnaire géographique d'Expilly, t. V, p. 296, et le Dictionnaire historique du département du Pasde-Calais, publié en 1874, arrondissement d'Arras, t. II, p. 152-155.

2. Il a déjà dit tout ce qui va suivre dans le tome I, p. 34 et 35.

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