‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 68 sur 203 · Tome II, p · texte numérisé non relu

Tome II, p

2. Éberhard-Ernest, comte d'Harling, neveu de la gouvernante de Madame, était colonel du régiment de Guyenne et brigadier depuis 1705; il eut, en 1715, la charge de capitaine des gardes de la duchesse de Berry.

3. Histoire militaire, p. 504-505; Mémoires militaires, p. 396, et, p. 609-613, rapport officiel sur cette opération; Gazette] p. 287-288 et 299-300.

4. Avec quinze bataillons et quinze escadrons. Le tableau des

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infanterie que cavalerie, pour se rendre sur le Rhin'.

Le duc deMarIborough, ayant préparé toutes choses pour ses opérations, fit repasser la Scarpe à son armée sur plusieurs ponts entre Douay et Vitry, la nuit du 15 au 16. Cette armée fut camper dans la plaine de Lens, sa droite à Liévin% sur le Souchet, et sa gauche à Auby^, sur le canal de Douay à Lille. Ce mouvement nous fit décamper bien vite le 16; nous marchâmes du côté d'Arras, Nous mîmes notre droite à Monchy-le-Preux, notre gauche à Montenescourt, village où nous avions, l'autre année, notre droite. Ainsi, nous avions la Scarpe devant nous, sur laquelle nous fîmes plusieurs ponts.

Le 18, étant à Arras, qui étoit le quartier général, je vis passer le maréchal, qui, accompagné de plusieurs officiers généraux, alloit reconnoître la position des ennemis. Je le suivis. Lorsque nous en fûmes à portée, il se détacha de nous avec six housards seulement et un de leurs officiers, après nous avoir priés de rester. 11 s'approcha très près de l'armée des ennemis, que nous vîmes se mettre en bataille; ils crurent

troupes détachées et de leurs étapes jusqu'à Givet est dans les Mémoires militaires, p. 615-616.

1. Cet envoi de troupes en Allemagne était fait dans l'intention d'inlluencer l'éleclion du nouvel empereur. N'illars, déjà plus (ail)le que ses adversaires, s'était opposé »'nergi([uoment à toute diminution de son armée ; il ne fut pas écoulé [Mémoires, t. m, p. 109, et la lettre qu'il écrivit à Voysin le 2 juin, p. 293-295).

2. A trois kilomètres sud-ouest de Lens; c'est aujourd'hui un important centre minier.

3. Village à quatre lieues sud-est de Lens, au delà d'ilennin- Liélard.

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apparemment que nous allions les attaquer : nous avions une escorte de trois cents chevaux. Nous ne fûmes pas plus tôt de retour à Arras, qu'il fit partir un courrier pour la cour, afin de prier le Roi de lui permettre de livrer bataille^ . Apparemment qu'il ne sa voit pas encore les négociations qui se tenoient à Londres pour la paix. Le Roi lui ordonna de ne rien hasarder 2. Il est à présumer que ce fut alors que S. M. lui fit part qu'on travailloit sérieusement, et depuis quelque temps, à la paix avec la reine Anne, car certainement il n'auroit pas laissé échapper l'occasion qui se présenta plusieurs jours après pour défaire sérieusement une partie de l'armée de milord Marlborough sans, pour ainsi dire, rien hasarder. J'en parlerai bientôt.

Le 19, le maréchal fit marcher, à la petite pointe du jour, quatre cents dragons, ayant chacun un grenadier en croupe derrière lui, pour aller enlever un détachement des ennemis qui étoit dans le château de Vimy3, éloigné d'une petite lieue de Carency et d'une petite demi-lieue de leur armée; mais celui qui le

1. On peut voir une lettre du maréchal, datée du 15 juin, dans les Mémoires militaires, p. 400-401. Villars y disait : « Jamais les armées de Votre Majesté, telles que je les connois, ne peuvent espérer de plus grands avantages que de marcher à l'arme blanche, en plaine, à l'ennemi... Je fais préparer tous les ponts, et, si, par le retour de mon premier courrier, qui peut être ici demain avant midi. Votre Majesté m'en donne la liberté, je les attaquerai après-demain de bonne heure. » Voyez aussi les Mémoires du maréchal, p. 110-111.

2. Lettre du 17 juin [Mémoires militaires, p. 402-403), prescrivant au maréchal de rester sur la défensive.

3. Aujourd'hui chef- lieu de canton de l'arrondissement d'Arras.

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commaiidoil se défendit si bien, qu'il obligea les nôtres de se retirer bien vite de peur d'être coupés'.

Ce fut dans ce temps-là que le prince Eugène quitla les armées des alliés pour se rendre en Allemagne, où sa présence étoit nécessaire par rapport à l'élection d'un empereur. Il avoit envoyé sur le Rhin auparavant six mille chevaux et douze niille hommes d'infanlerie', aux ordres du comte de Mercy^. Le maréchal de Villars, ayant appris la marche de ce détachement, fit partir encore de notre armée vingtsix escadrons et dix bataillons, aux ordres du manjuis de Bouzols^, lieutenant général, pour l'Allemagne^.

Le château de Chantereine emporté par les ennemis. — Enfin les ennemis emportèrent d'assaut, le 6 juillet, le château de Chantereine, près d'Arleux, où nous avions huit cents hommes, comme je l'ai dit ci-dessus^, qui se défendirent jusqu'à la dernière extrémité ''^. Ils eurent la cruauté de dépouiller nos pauvres soldats nus comme la main. Ils furent conduits à Douay. Tout le monde en fut indigné. Dans la suite, comme il se verra^, nous usâmes de représailles.

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