‹ Mémoires du chevalier de Qunicy (volume 2)Chapitre 78 sur 203 · Sarah Jennings (1660-1744), mariée en 1678, dame d'hon · texte numérisé non relu

Sarah Jennings (1660-1744), mariée en 1678, dame d'hon

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Une seule parole nous procura cette paix, qui fut suivie, deux ans et demie après, de la paix générale. L'abbé Gaultier a voit un commerce de lettres avec un de ses amis à Londres. Dans une, il mit simplement ces mots : « Eh ! mon Dieu ! n'aurons-nous donc jamais la paix? J> Cet ami lui fît cette réponse : « Tant que vous vous adresserez à d'autres qu'à nous, ne comptez point sur cette paix. j> L'abbé ne fît d'abord aucune attention à ce discours; mais, un jour, ayant fait lire la lettre à un de ses amis, cet ami lui fît entendre que cela pouvoit être de conséquence, et il lui conseilla de la faire voir à M. de Torcy, alors secrétaire d'État des Affaires étrangères : ce qu'il fit. Ce ministre le pria de lui remettre la lettre ; il la fît voir au Roi. Ce prince ordonna à M. Gaultier, par M. de Torcy, de récrire à son ami pour l'engager à s'expliquer davantage. Sa réponse fut que, si nous voulions avoir la paix, il falloit s'adresser à l'Angleterre, et non à d'autres puissances, et dans la même lettre, il lui mandoit qu'il feroit bien de venir à Londres, d'amener avec lui une personne entendue au commerce. Le Hoi, informé de cette réponse, fit partir cet abbé et M. Mesnager, qui se rendirent dans cette ville incognito, comme je l'ai déjà dit^

neur de la princesse Anne de Danemark, devint en grande faveur lorsque celle-ci succéda à Guillaume lii. Disgraciée en 1710, et son mari en 1711, elle se retira avec lui en Allemagne et ne revint en Angleterre qu'à l'avènement de Georges I*'.

1. Le Journal incdit du mnrfjuis de Torcy, publié en 1884 par M. Frédéric Masson, et qui mallieureusemenl s'arrête brusquement au mois de mai 1711, mais est complété par les Mémoires du môme (éd. Michaud et Foujoulat, p. GG5 et suiv.), détruit presque entièrement (p. .347 et suiv.) ce récit de notre

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En voilà assez pour justifier le maréchal de Villars dans cette occasion ; mais peut-on le justifier de n'avoir pas fait faire des ponts sur le Genset aussitôt que les ennemis eurent passé l'Escaut, afin de faire passer à la plus grande partie de son armée cette première rivière et ensuite faire longer les troupes qui auroient passé? En les étendant jusqu'à Neuville et à Denain le long de l'Escaut, sur la rive gauche, il auroit certainement empêché les alliés de passer, et par conséquent il auroit empêché le siège de Bouchain ; car il leur auroit ôté la communication de leur armée avec Douay, d'où ils tirèrent les munitions de guerre et de bouche pendant tout le siège. Il envoya bien, le soir, le comte de Broglie, avec sa réserve, pour s'opposer à leur passage; mais il arriva trop tard^. Les ennemis, plus habiles que nous, sans perdre de temps, avoient fait faire plusieurs ponts à Denain et à Neuville. Ainsi, Ghonchon (sobriquet que l'on donnoit au comte de Broghe)- fut obligé de s'en revenir bien vite; car il trouva des troupes bien supérieures en nombre aux siennes qui étoient déjà en deçà de l'Escaut. Si le maréchal avoit pris sur-le-champ ce parti, à quoi

auteur. L'abbé Gaultier était à Londres depuis longtemps; il était en correspondance avec Torcy sous des noms supposés depuis 1709, et des négociations préliminaires s'étaient engagées par son canal dès cette époque. Dans les premiers mois de 1711, il fit plusieurs voyages de Londres à Paris, et Mesnager ne lui fut adjoint qu'au mois d'août, pour discuter les questions commerciales.

1. Il ne réussit qu'à faire trois cents prisonniers [Mémoires militaires, p. 421).

2. Déjà dit ci-dessus, p. 35. Peut-être faudrait-il lire Chouchou, quoique le manuscrit porte clairement Chonchon.

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auroit abouti cette grande marche de milord Marlborough? Il auroit été obligé de se retirer du côté de Mous par rapport aux subsistauces. Quelle honte pour lui, et quelle gloire pour le maréchal, qui auroit fait une des plus belles campagnes !

Il m'a été dit, par rapport au passage des ennemis à Étrun, que, le chevalier de Luxembourg étant venu rendre compte à M. de Villars, ce général lui avoit dit en présence de plusieurs officiers généraux : a Pourquoi, Monsieur, n'avez-vous pas attaqué la tête « de l'avant-garde de l'armée ennemie? Vous pouviez « le faire facilement sans rien risquer. » — « Pourquoi, « Monsieur? répliqua le chevalier. Parce que vous me « l'avez ordonné; en voici l'ordre signé de votre main. » Le maréchal voulut le voir, et, dès (ju'il lui eut été remis, il le mit dans sa poche. On fut étonné du peu de fermeté du chevalier de Luxembourg à redemander son ordre, d'autant plus que cela pouvoit lui faire grand tort. Gela se passa cependant tranquillement. On trouva le procédé du maréchal injuste et malhonnête.

Les ennemis, ayant passé l'Escaut, mirent leur droite à Avesnes-le-Sec^ et leur gauche à Haspres-, sur la Selle, petite rivière qui prend sa source à Vauxen-Arrouaise^, passe au Cateau-Cambrésis et va se jeter dans l'Escaut presque vis-à-vis de Denain. Ils avoient un ravin devant le front de leur armée, et ils envoyèrent un gros détachement pour faire faire des

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