Tome 11, p
3. A quelques kilomètres au sud de Oambray. Ni les Mémoires militaires (p. 422), ni V Histoire militaire (p. 517) ne disent que les lignes fussent aussi étendues.
4. Wavreehain-sous-Ftulx, à l'ouest de IJouriiain, sur la Sensée.
5. C'est Albergotli qui commandait les trente bataillons envoyés le 9; le maréchal de Montesquiou alla le rejoindre, le 10, avec rjuarante-rinq autres bataillons [Mt^moircs militaires, p. 422-423].
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chambre pour lire, ce que j'ai toujours pratiqué lorsque je n'avois rien à faire; j'aperçus que nos housards poursuivoient vivement ceux des alliés, et en même temps j'entendis battre la générale, et, sur-lechamp, l'assemblée. Je montai promptement à cheval; je me rendis au régiment, qui étoit déjà en marche pour passer l'Escaut au-dessous de Rumilly, aussi bien que toute l'armée. En moins d'une demi-heure, elle passa cette rivière, et elle se trouva à portée du canon de celle des ennemis, que nous vîmes en bataille, le ravin de la Fosse-Gerclain entre les deux armées. Ce mouvement hardi et fait à propos en imposa si bien aux alliés, que le duc de Marlborough fit promptement retirer cinquante escadrons et soixante bataillons qu'il avoit détachés de son armée pour attaquer le maréchal de Montesquieu, qui faisoit travailler au retranchement au delà du Censet, comme je l'ai remarqué déjà. Ce milord avoit voulu faire cette attaque auparavant que nous eussions achevé le camp retranché^.
Les ennemis s' étant retirés dans leur camp, nous en fîmes de même de notre côté. Nous restâmes dans cette position pendant tout le siège de Bouchain et pendant tout le reste de la campagne. Nous y étions dans une tranquillité des plus profondes. Nous nous assemblions une cinquantaine d'officiers, trois fois la semaine, chez le duc de la Trémoïlle-, qui étoit logé
1. C'est dans V Histoire militaire, p. 518, que notre auteur prend tous ces détails.
2. Charles-Louis-Bretagne, duc de la Trémoïlle (1683-1719), était colonel d'un régiment de son nom et brigadier depuis le mois de janvier 1709.
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aussi dans le village de Rumilly. Nous y faisions des concerts. Je faisois porter toujours ma basse de viole sur un mulet de mon petit éciuipage. G'étoit une grande ressource pour moi, aussi bien que la lecture, dont je faisois ma principale occupation lorsque mon service étoit fait, et que je ne montois pas à cheval pour suivre les officiers généraux ; car je ne me lassois point de les accompagner le plus souvent que je pouvois.
Les trente bataillons, aux ordres du maréchal de Montescjuiou, destinés pour travailler et pour défendre le camp de Wasnes se relevoicnt tous les jours. Notre régiment y fut le 12. Sur les onze heures du matin, nous fûmes spectateurs d'un combat de cavalerie qui se donna à portée du canon de nos retranchements. Le maréchal de Villars, accompagné d'une trentaine d'officiers généraux ou d'autres, en étoit sorti pour aller reconnoitre les lignes de circonvallation des ennemis, qui étoient du même côté que le camp de M. de Montesquiou. Une centaine de housards et un seul escadron de carabiniers marchoient devant lui. Dès que nos carabiniers furent sur une hauteur, ils se virent attaqués par six escadrons ennemis, qui enveloppèrent si bien nos carabiniers, qu'ils furent obligés de se faire jour au travers de leurs escadrons, qu'ils percèrent le sabre à la main. Nous admirâmes la valeur de ce corps respectable; mais la retraite précipitée de la troupe dorée ^ dans nos retranche-
1. C'est-à-dire la troupe des officiers généraux qui accompagnaient le iriaréchal. On a déjà eu occasion de voir à plusieurs reprises que notre auteur n'aimait pas l'état-major et ne perdait aucune occasion de s'en moquer.
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ments nous fit éclater de rire. Mauvaise troupe pour charger que la cour d'un général ! M. Clouet, maréchal de camp', qui commandoit ce détachement, et M. de Prémont, major des carabiniers, furent pris. Une vingtaine de carabiniers eurent le même sort; outre cela, il y en eut trente de tués ou de blessés. Nos cent housards favorisèrent assez bien les carabiniers ; ils étoient sur le flanc des escadrons ennemis, et de là ils tiroient sur eux continuellement avec leurs carabines. L'affaire finie, nous fûmes nous promener, plusieurs officiers et moi, sur ce champ de bataille, d'où nous apercevions les lignes de circonvallation. Les alliés n'en avoient point fait sur la rive droite de l'Escaut, leur armée étant en sûreté de ce côté-là, d'autant plus que le camp volant du chevalier de Luxembourg, campé sous le canon de Valenciennes, n'étoit pas assez considérable pour les inquiéter.
Les ennemis, qui vouloient nous empêcher d'achever nos retranchements entre Wavrechain et Wasnes et nous ôter la communication de ce camp avec Bouchain, firent élever un retranchement sur la même hauteur où s'étoit passé le combat de nos carabiniers ; ils y mirent du canon, qui tiroit sur nos travailleurs. Nous leur répondions des nôtres vivement.
Tous nos officiers d'infanterie étoient bien persua-
1. « Soldat de fortune originaire de Vitry-le-François, » dit l'annotateur des Mémoires de Sourches, t. XIII, p. 170. Il n'était que brigadier, et non pas maréchal de camp. C'est dans V Histoire militaire, p. 519, que notre chevalier prend ce récit; cependant, il le rectifie en disant que MM. Clouet et de Prémont furent faits prisonniers; le marquis de Quincy les disait tués.
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dés que la communication de fascines que nous avions faite depuis le retranchement de Wavrechain jusqu'à Bouchain ne pouvoit pas se soutenir. Les ennemis étant les maîtres de la rive gauche du Censet depuis cette hauteur, dont nous avons parlé, et de la rive droite de l'Escaut jusqu'à cette place, ils pouvoient aisément se rendre maîtres de cette communication par le même travail que nous avions fait, c'est-à-dire en y arrivant par des levées de fascines : ce qu'ils firent; et, l'ayant poussé assez près des deux côtés, ils l'attaquèrent dans la nuit du 16 au 17 d'août, et ils obligèrent nos grenadiers de se retirer avec précipitation. Les uns gagnèrent le camp de M. de Montesquiou, et les autres Bouchain^. Ainsi, cette communication ayant été coupée, les alliés songèrent sérieusement à faire le siège de cette place, i^arlons un peu de Bouchain.
Bouchain^. — La ville de Bouchain est assez bien fortifiée; elle est située sur l'Escaut, qui la partage en deux ; elle est entre Gambray et Valenciennes. Son château est très fort. Elle est la capitale du pays d'Ostrevant '. Du temps des comtes particuliers du
1. C'est dans la nuit du 16 au 17 août que les ennemis rompirent la communication établie avec Bouchain. A la cour, on blâma beaucoup Villars de ne s'y être pas opposé, et le Roi fut tellement mécontent, que le maréchal crut utile d'envoyer à Versailles M. de (x)ntades, major général d(* l'armée, pour expliquer sa conduite [Mémoires militaires, p. 42(i-/i28 et 641- 647, lettres du maréchal, de M. de Contades et du ministre Voysin; Histoire militaire, p. 520; Mémoires de Sourches, p. 173, etc.).
2. Le Grand dictionnaire géographique à'YiXT^WXy , t. 1, p. 707, contient une description de Rouchain au xvni* sièclf.
,'i. Ce petit pays portait aussi le non» d'île de Saint-Amand,
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Hainaut, leurs fils aînés portoient le nom de cette chàtellenie. On prétend que la ville de Bouchain est bâtie depuis mille ans^ ; elle n'est pas plus grande qu'elle étoit dans son commencement. Il y a une prévôté et un seul magistrat. Elle est de l'évêché d'Arras et du gouvernement général de Flandres.
Tout étant prêt pour l'ouverture de la tranchée, elle se fit la nuit du 21 au 22 d'août, à deux endroits différents, et, le 24, on fit une troisième attaque, afin de fatiguer la garnison. Le 31, nous entendîmes le bruit du canon des assiégeants qui ne discontinuoit de tirer. Il étoit à présumer que la nombreuse artillerie qu'ils avoient devant Bouchain mettroit bientôt en poussière cette place et l'obligeroit à se rendre : ce qu'elle fit le 14 de septembre, après vingt-deux jours de tranchée ouverte-. La garnison fut forcée de se rendre prisonnière de guerre, M. de Marlborough n'ayant pas voulu consentir aux conditions convenues entre MM. de Ravignan et de Selve, d'une part, et M. Fagel, de l'autre, celui-ci chargé de faire le siège, savoir : que les troupes qui composoient la garnison ne serviroient point jusqu'au moment qu'elles auroient été échangées^.
parce qu'il était compris entre l'Escaut, la Scarpe et la Sensée, et que, après Bouchain, Saint-Amand-les-Eaux en était la ville principale.