‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 107 sur 207 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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[Avril 1702] DU CHEVALIER DE QUINCY. 105

pistolet*. A quelque distance de l'endroit où il avoit commis ce crime, il trouva un paysan qui avoit bien entendu le bruit, à qui M. des Hayes demanda s'il n'avoit rien entendu. Le paysan eut assez de prudence pour faire* le sourd, et il lui répondit plusieurs fois : « Parlez haut, Monsieur; je ne vous entends point. » M. des Hayes, croyant que cet homme n'avoit rien entendu, continua son chemin; mais le paysan, le voyant éloigné, courut sur-le-champ avertir les juges du lieu de cette cruelle et barbare action. Ce crime étant su de tout le monde, M. des Hayes fut obligé de quitter le royaume. Il n'étoit alors que lieutenant d'infanterie.

Chivas. — Ce même jour, nous nous rendîmes à Chivas^, où nous couchâmes. Pour y aller, nous passâmes la Petite Doire et la Stura^, qui vont se jeter dans le Pô au-dessous de Turin. Chivas est une petite ville sur le Pô, dont les fortifications sont de terre.

Trin. — Le 20, à Trin*, petite ville située aussi sur le Pô. Le %\ , nous passâmes par Verceil, et nous traversâmes la Sesia à sec ; elle va se jeter dans le Pô, à une lieue au-dessous de Casai. Cette petite rivière faisoit alors la séparation des États du duc de Savoie

1. Les Mémoires de Sourches (t. IX, p. 4 et note) confirment ce fait; voyez aussi le Journal de Dangeau, t. IX, p. 188.

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