Hameau aujourd'hui disparu
[Mai 1702] DU CHEVALIER DE QUINCY. 199
Le 3, à San-Giovanni-in-Croce^, où les deux bataillons du régiment vinrent nous joindre de Sabioneta^, après que M. de Vendôme, qui y arriva le même jour, en eut fait lever le blocus aux ennemis. Ce fut dans ce camp que l'on donna des fusils aux soldats qui portoient des piques ; ces armes ne valent rien, surtout en Italie, où l'infanterie ne craint point la cavalerie^.
Les troupes qui dévoient composer notre armée étant toutes assemblées, et les troupes du duc de Savoie nous ayant joints (elles consistoient en cinq raille quatre cents hommes), nous partîmes, la nuit du 11 au 12 de mai, de San-Giovanni-in-Groce, et, à la pointe du jour, nous arrivâmes sous Crémone. Nous y restâmes jusqu'à la nuit, que nous prîmes le chemin de Bordolano, bourg situé sur l'Oglio, à dix milles de Grémonc*. Le prince Eugène pensa y être pris; il fut obligé de décamper bien vite. M. de Vendôme se logea dans la même maison que ce prince venoit d'abandonner. On nous montra la chambre où avoit couché le maréchal de Villeroy la nuit d'après qu'il fut pris à Crémone.
Le 15, nous décampâmes de Bordolano, où nous
1. Bourg de l'arrondissement de Casalmaggiore. L'auteur suit V Histoire militaire de son frère le marquis de Quincy (t. III, p. 637).
2. Chef-lieu d'un petit duché entre le Mantouan et le Crémonais, cédé aux Espagnols par le duc de Parme en 1637.
3. Dans les régiments, un certain nombre de soldats étaient armés de longues piques, qui servaient à arrêter les charges de cavalerie; l'invention de la baïonnette les fit supprimer. (P. Daniel, Histoire de la milice francoise, t. II, p. 436.)