Rivière qui se jette dans le Pô près de Guastalla
3. Annibal, marquis Visconti, général des troupes espagnoles du Milanais en 1700, était passé alors aux Impériaux. Il deviendra feld-maréchal en 1716, et mourraen 1747.
4. Hameau fondé autour d'une chapelle bâtie en 1249 par l'empereur Frédéric II (ci-après, p. 223).
[Juillet 1702] DU CHEVALIER DE QUINCY. 221
cuirassiers, de trois compagnies de housards et de quelque infanterie. Santa- Vittoria est à trois lieues environ de Castelnuovo. Sur-le-champ, M. de Vendôme se mit en marche (il étoit deux heures après midi) avec vingt compagnies de grenadiers aux ordres du marquis de Kercado^ brigadier, et du comte de Chamillart^, colonel, d'un escadron de gendarmes anglois^ et de chevau-légers de Bourgogne^, et de seize escadrons, dont neuf de dragons. Il étoit accompagné du comte de Tessé, du comte de Revel, du marquis de Vaubecourt^, de Marcin, ambassadeur du Roi auprès du roi d'Espagne, de Montgon®, deBezons, des mar-
1. René-Alexis Le Sénéchal de Kercado-Molac, comte de Kercado, colonel du régiment de Bresse, était brigadier depuis 1696; il parviendra au grade de lieutenant général en 1708.
2. Jérôme, dit le comte de Chamillart, frère du ministre, d'abord officier de marine, passa au service de terre en 1694, eut le régiment de Médoc et le grade de brigadier en 1702, et devint maréchal de camp en 1704. « C'est le plus impertinent monsieur que j'aie jamais vu, » disait Louville. Et Saint- Simon, après l'avoir appelé « un sot et un impertinent pommé, » ajoute que lui et son frère l'évêque de Senlis « excelloient en imbécillité. »
3. Compagnie amenée en France, en 1667, par le comte Hamilton, lorsque le Parlement anglais força Charles II à renvoyer les catholiques de ses gardes. Louis XIV la prit à son service et la comprit dans sa maison militaire.
4. Compagnie formée en 1690; c'était une des seize qui composaient la gendarmerie.
5. Louis-Claude de Nettancourt-Haussonville, comte de Vaubecourt, lieutenant général depuis 1696, sera tué en Italie le 17 mai 1705.
6. Jean-François Cordebeuf de Beauverger, comte de Montgon (1655-1730), maréchal de camp depuis 1696, n'était pas encore lieutenant général et ne le devint que le 23 décembre
5^ MÉMOIRES [Juillet 1702]
quis de Mursay*, de las Torrès^ et de Créquy, tous lieutenants généraux, de M. d'Arène^, major général, de M. de Chavigny*, maréchal des logis de l'armée, et de M. de Mauroy, maréchal des logis de la cavalerie. A un quart de lieue du camp des ennemis, qui ignoroient que les François fussent aussi près d'eux, M. de Vendôme fit marcher ses troupes sur deux colonnes. Celle de la gauche, composée des deux compagnies de grenadiers d'Auvergne, des régiments Dragons-Dauphin^ et de Lautrec®, et de quatre escadrons de carabiniers aux ordres de MM. d'Albergotti et de Mursay, marcha par une chaussée le long du Crostolo. Ce prince se mit à la tête de la colonne de
1. Philippe de Valois-Villette, comte de Mursay, inspecteur général de la cavalerie et maréchal de camp, ne sera fait lieutenant général qu'en 1704; nous le verrons mourir en novembre 1706. Il était fils d'un cousin germain de M""^ de Maintenon et frère de la spirituelle M.^^ de Gaylus ; « aussi disgracié de corps et d'esprit que sa sœur avoit l'un et l'autre charmants, » dit Saint-Simon (t. XIV, p. 78).
2. Christophe de Moscoso y Montemayor, comte de las Torrès, était général de l'artillerie du Milanais depuis 1695. Il devint par la suite capitaine général, vice -roi de Valence (1723), grand de première classe et duc d'Argete (1734).
3. François de Pierre d'Arène, major général de l'armée d'Italie (26 décembre 1700), et maréchal de camp (9 février 1702).
4. Claude-François Bouthillier, marquis de Chavigny, servit d'abord comme volontaire à l'expédition de Candie, et eut le régiment d'Auvergne en 1695; il était brigadier du mois de janvier 1702, et mourut l'année suivante.
5. Ce régiment, créé en 1673, devint dès 1675 la propriété du Dauphin.
6. Aussi régiment de dragons; il datait de 1675; le colonel, M. de Lautrec, fut tué en 1705.
[Juillet 1702] DU CHEVALIER DE QUINCY. 223
droite, composée du reste des troupes, qui prit le grand chemin ; il y avoit environ un mille de distance d'une colonne à l'autre. Les ennemis, qui ne s'aperçurent de l'approche de nos troupes que lorsqu'elles furent sur eux, montèrent précipitamment à cheval. Ils mirent leur droite à Santa- Vittoria, qui n'est qu'une petite chapelle accompagnée de deux maisons, sur le Crostolo (j'y ai passé depuis le combat plusieurs fois), et leur gauche au Tesson^; ainsi cavalerie ne s'est jamais plus mal postée, d'autant plus qu'elle n'avoit qu'un pont sur le Crostolo et un autre sur le Tesson pour se retirer. M. de Vendôme fit attaquer les ennemis par leur droite et par leur gauche si brusquement, pendant que nos grenadiers attaquoient leur centre, qui étoit dans une plaine, qu'ils ne purent soutenir longtemps la vivacité de nos attaques. La plus grande partie furent tués, ou noyés dans le Tesson et le Crostolo, en voulant se sauver sur leurs ponts. Le comte d'Arenberg, lieutenant-colonel ^, cinq capitaines et plusieurs autres officiers subalternes et quatre cents cuirassiers ou dragons furent pris. De notre côté, M. de Nouilly, capitaine de dragons du régiment d'Estrades^, M. de Monteil, capitaine des grenadiers du régiment de Quercy '*, et M. de la Roque ^,