‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 126 sur 207 · Sans doute un frère de celui qu'on va trouver plus bas · texte numérisé non relu

Sans doute un frère de celui qu'on va trouver plus bas

224 MÉMOIRES [Juillet 1702]

lieutenant des carabiniers^, furent tués. M. de Sheldon^, brigadier irlandois, le marquis de Wartigny*, colonel du régiment Dauphin-dragons, M. de Saint- Aurin^, chef de brigade de carabiniers, MM. de Prémont ^, de la Roque ^, de Beauvais^, capitaine aidemajor, de Moyria^, tous capitaines, et quatre lieutenants de ce brave corps furent blessés. Il n'y eut environ que cent cinquante hommes, tant gendarmes, carabiniers, cavaliers, dragons que grenadiers, de tués ou de blessés. Le roi d'Espagne n'arriva qu'à la fin du combat; il eut le plaisir de voir tous nos grenadiers montés sur les chevaux qu'ils avoient pris aux ennemis. Les troupes qui avoient combattu restèrent et

1. Sur les origines et la formation du corps des carabiniers, on peut voir la note des Mémoires de Saint-Simon, t. I, p. 226, et ci-dessus, p. 193.

2. Dominique Sheldon, venu en France avec le roi Jacques, fut dès 1691 colonel d'un régiment de cavalerie anglaise; il commanda en 1698 le régiment de cavalerie de Fitz-James, devint maréchal de camp en 1702, lieutenant général en 1704, et mourut en 1721.

3. César de Brouilly, marquis de Wartigny, colonel des dragons du Dauphin (1700), brigadier (1702), sera tué devant Verue le 27 octobre 1704, étant maréchal de camp.

4. Saint-Aurein, dans les Mémoires militaires, t. II, p. 750.

5. Le rapport de Vendôme [ibidem) dit le chevalier de Saint- Frémond.

6. Pierre-Louis du Mas de la Roque, plus tard lieutenantcolonel du régiment de Guyenne, chevalier de Saint-Louis en 1734, mort en 1749.

7. M. de Launais, dans V Histoire militaire de Quincy; M. Des Aunays, dans les rapports des Mémoires militaires.

8. Notre auteur écrit Mauria. — Chrysante de Moyria-Mérignat, aide de camp de Vendôme, aura l'agrément d'un régiment en 1704, le grade de brigadier en 1705, et sera tué à Gassano le 16 août de la même année.

[Juillet 1702] DU CHEVALIER DE QUINCY. 225

couchèrent sur le champ de bataille. Le roi d'Espagne et le duc de Vendôme retournèrent à Gastelnuovo. On amena sur des chariots la plus grande partie de nos blessés et de ceux des Impériaux dans l'église de cette petite ville, que je fus voir. S. M. Catholique étoit logée dans le château, où on lui présenta les officiers ennemis prisonniers^.

Le lendemain 27, l'armée fut camper à Santa-Vittoria, sur le champ de bataille. Le duc de Mantoue y joignit l'armée; son équipage étoit superbe.

Le 28, M. de Vendôme, ayant appris que deux mille maraudeurs, aux ordres d'un officier irlandois qui s' étoit mis à leur tête, étoient sur le point d'attaquer la ville de Reggio^, envoya M. d'Albergotti avec les trois bataillons de la Vieille-Marine^, celui de Gotentin et mille chevaux, afin d'écarter premièrement les maraudeurs et ensuite faire sommer le gouverneur de cette ville de se rendre. Il trouva, à son arrivée, que les maraudeurs s'étoient retirés. Il fit sommer le commandant, qui se rendit sur-le-champ*. M. d'Imécourt, colonel du régiment de Gotentin, resta avec son

1. Sur le combat de Santa- Vittoria, voyez V Histoire militaire , t. III, p. 669-671 ; le commentaire des Mémoires de Saint- Simon, t. X, p. 218; la lettre de Philippe V au Roi, dans le Journal de Dangeau, t. VIII, p. 467-470; les Mémoires militaires, t. II, p. 236-241 et 728-730; etc.

2. Reggio-d'Emilia, sur la rive droite du Crostolo (ci-après, p. 231).

3. Levé en 1635 et classé le dernier des six vieux corps, ce régiment avait déjà une brillante histoire ; nous le verrons se distinguer encore à Luzzara sous la conduite de M. Le Guerchoys, son colonel.

Page 1