Dans l'Emilie, au nord de Modène. Il ne faut pas con
[Juillet 1702] DU CHEVALIER DE QUINCY. 227
un évêché, suffragant aussi de Bologne, n'a que des murailles sèches. Elle a titre de principauté, aussi bien que la ville de Gorreggio\ qui a un assez bon château. Elle appartenoit autrefois à des seigneurs particuliers. Le duc de Modène possède ces deux dernières villes, où M. d'Albergotti mit garnison.
Ce même jour 28, ma fièvre ayant augmenté avec de grands redoublements, le marquis de Dreux, mon parent et mon colonel, m'obligea de m'en aller à Castelnuovo; il me prêta sa chaise de poste pour m'y rendre. Le 30, on me fit prendre une médecine. Je ne l'eus pas plus tôt avalée, qu'il vint un ordre pour abandonner ce poste. Ainsi je fus obligé, comme les autres malades et blessés, de déguerpir sur-le-champ, afin de n'être point exposé à la discrétion de la garnison de Brescello et des paysans. Ceux-ci ne nous auroient fait aucun quartier; car nos troupes, en entrant dans le Modénois, l'avoient tout ravagé. Ainsi, accablé d'une fièvre aiguë, ayant une médecine dans le ventre, je fus obligé, par une chaleur excessive, de m'en aller à Reggio à cheval. J'y arrivai avec toutes les peines du monde. Je me rendis au château, où logeoit M. d'Imécourt, qui commandoit, comme je l'ai déjà dit, dans cette ville. Il étoit allé visiter quelques postes hors de la place ; il n'en revint que quatre ou cinq heures après. J'eus le temps de rendre ma médecine et de me reposer. Sa maison étoit celle du bon Dieu : on ne m'offrit pas seulement un verre d'eau,
fondre cette ville épiscopale avec le village de la Vénétie où M. de Saint-Frémond s'était fait battre par les Impériaux en 1701 (ci-dessus, p. 141).