Non pas Charles VI, mais Joseph V, note suivante
5. La princesse douairière de la Mirandole serait Anne-Béatrix d'Esté, fille du duc de Modène et veuve d'Alexandre Pic ; mais ce n'est pas elle qui fut l'héroïne de l'histoire qui va être racontée : c'est Brigitte Pic, fille de Galeotto III, née
254 MÉMOIRES [Nov. 1702]
le 2i4 décembre 1701. Ce jour-là, elle avoit invité à dîner M. de la Ghétardye^, commandant de la ville, et la plus grande partie des officiers de la garnison, tant François qu'Espagnols. Ce fut dans le temps du repas qu'elle fit introduire les ennemis dans la place, et elle renvoya Monsieur le commandant et toute sa garnison, avec toute la politesse possible, à Casal-Maggiore^. Cette négligence, qui auroit dû être punie, fut récompensée, quelques années après, par le gouvernement de Landau que le Roi donna à M. de la Ghétardye^.
Le dessein de M. de Vendôme, en s'approchant de cette ville, n'étoit pas d'en faire le siège, mais d'engager le prince Eugène à marcher de ce côté-là, afin, qu'étant éloigné de Borgo-Forte, les comtes de Tessé et de Médavy ne trouvassent point de difficulté à s'emparer de ce fort.
Le 14 et le 15, nous restâmes dans ce camp; le
en 1633, morte sans alliance en 1720, et qui fut la tutrice de son petit-neveu François-Marie, né en 1688. Celui-ci s'étant rallié à Philippe V, Joseph P"" confisqua la Mirandole et vendit le duché, en 1710, au duc de Modène : ce qui força François-Marie à se retirer en Espagne, où il devint en 1715 grand écuyer du roi.
1. N. Trotti, chevalier de la Chétardye, neveu du célèbre curé de Saint-Sulpice et frère d'un gouverneur de Brisach qui mourut en 1705 et dont la veuve épousa M. de Monasterol. Il était colonel du régiment de Beauce depuis 1692, et eut permission de le vendre en janvier 1703.
2. Dangeau, t. VIII, p. 287; Sourches, t. VII, p. 180; Gazette d'Amsterdam, 1702, n" v.
3. Notre auteur doit faire erreur. Landau, repris par les Impériaux en 1704, ne retomba au pouvoir des Français qu'en 1713, et ce fut alors le marquis de Biron qui en eut le gouvernement.
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soldat s'y refit des fatigues qu'il venoit d'essuyer les jours d'auparavant. La maraude y fut des plus abondantes ; surtout les caves furent bien vidées.
Le 16, le comte de Tessé, à la tête de quinze cents hommes, partit de Mantoue à l'entrée de la nuit pour marcher à Borgo-Forte, et M. de Médavy eut ordre en même temps de s'y rendre avec un pareil nombre de troupes qu'il avoit ramassées le long de l'Oglio.
Pendant que ces deux corps y marchoient, sept cents grenadiers, détachés de l'armée, s'embarquèrent sur le Pô à Guastalla, sur deux galiotes, et ils se rendirent devant cette place, où il y avoit six cents hommes, qui, à l'approche de nos troupes, abandonnèrent le bourg pour se retirer dans le fort. Le malheur qui leur arriva fut cause qu'ils se rendirent, le 18, prisonniers de guerre : un des bastions du fort, qui n'étoit que de terre, s'écroula. Ce même jour 16, l'armée décampa pour venir auprès de Guastalla, afin d'être à portée de protéger le comte de Tessé dans son entreprise.
Le 17, notre régiment fut du nombre d'un gros détachement de troupes pour aller joindre ce général. Nous passâmes le Pô près de Guastalla, où nous avions un pont, et nous fûmes camper à la Tourd'OgHo^, qui est près de l'embouchure de cette rivière dans le Pô.
Le lendemain 18, étant près de Borgo-Forte, nous apprîmes qu'il s'étoit rendu, la garnison prisonnière de guerre^. Dans le temps que nous y arrivâmes,