Histoire militaire^ t. III, p
256 MÉMOIRES [Nov. 1702J
nous vîmes, de dessus une chaussée, les ennemis, aux ordres du comte Guy de Stahremberg^ qui venoient au secours de la place ; mais, un moment après, nous les vîmes rebrousser chemin : apparemment qu'ils apprirent qu'ils étoient venus trop tard.
Le 1 9, les troupes qui dévoient composer la garnison de Gastiglione-delle-Stiviere se mirent en marche pour aller camper à Rodigo^, bourg du Mantouan. Notre régiment en étoit avec Grancey^ et le régiment de Vérac-dragons.
Enfin, le 20 novembre, après avoir essuyé une campagne des plus rudes, nous arrivâmes à Gasliglione-delle-Stiviere, aux ordres du comte de Médavy, lieutenant général, du marquis de Dreux, colonel du régiment et brigadier, et du marquis de Vérac*, colonel de dragons. Le gouverneur du château fit faire une décharge de son canon, lorsque ce général entra dans cette ville, dont un boulet tua un de ses mulets : ce qui ne lui fit pas beaucoup de plaisir.
Casiiglione-delle-Stiviere. — La ville de Castiglione, que nous trouvâmes abandonnée de tous ses habitants, est la capitale de la principauté de ce petit pays, qui est situé entre le lac de Garde, le Bressan,
1. Guidobaldo, comte de Stahreraberg (1657-1737), lieutenant-feld-raaréchal (1691), grand maître de l'artillerie impériale, feld-maréchal général (1704) et conseiller intime en 1706.