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Petit village sur la route de Desenzano à Salo

5. Ce provéditeur était Fabio Buonvicini; il avait été envoyé

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ainsi les gouverneurs des places et des villes de la république de Venise. J'accompagnai notre général. Après cette visite, je laissai le comte de Médavy retourner au camp, et je m'en allai, avec La Bussière et La Melonnière*, capitaine au régiment de Sault, nous promener dans la ville, dont nous fûmes enchantés de la situation.

Salo. — C'est une très jolie ville, petite; il y a beaucoup de palais qui appartiennent à des nobles Vénitiens, où ils viennent passer l'été. Elle est située entre les montagnes- et le lac de Garde. Depuis Salo jusqu'à Gargnano, ce ne sont qu'orangers, citronniers, limoniers, et d'autres arbres d'une odeur charmante ; enfin c'est un petit paradis terrestre^. Il y avoit huit cents ans, selon la tradition du pays, qu'il n'y avoit passé de troupes. Un noble Vénitien, qui nous voyoit promener d'une de ses croisées, envoya un de ses officiers pour nous prier de lui faire l'honneur de l'aller voir. Il nous reçut à la vénitienne, c'est-à-dire en nous faisant beaucoup de compliments. Il nous demanda quel étoit le projet de nos généraux de s'em-

pour empêcher, dans la mesure du possible, les dégâts que les troupes françaises pouvaient faire dans leur marche. [Gazette, p. 415.)

1. Sans doute fils de ce lieutenant-colonel du régiment d'Anjou qui avait quitté la France lors de la révocation de l'édit de Nantes et auquel le prince d'Orange avait donné un régiment en Hollande, puis en Angleterre.

2. Le Monte-San-Bartolomeo domine la ville et la protège contre les vents du nord.

3. Ce gros village sur le bord du lac, au nord de Salo, est encore aujourd'hui entouré de magnifiques plantations d'oliviers et de citronniers.

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barquer ainsi dans des affreuses montagnes où à peine les chèvres et les chamois peuvent grimper. Nous lui répondîmes que nous allions conduire du secours par ce payf, à l'électeur de Bavière. 0 la bella cosa^ répliqua- 1- il, si questo si pote faref II nous pria instamment d'accepter la collation, que nous refusâmes : nous sortions de table de chez le duc de Lesdiguières. Pendant notre conversation, on vint l'avertir que le provéditeur alloit s'embarquer dans sa gondole, suivie de plusieurs autres, sur le lac, pour rendre sa visite à notre général. Il nous offrit très poliment de nous ramener dans la sienne : ce que nous acceptâmes. Gomme ses gondoliers n'alloient pas assez vite au goût de La Melonnière, qui étoit un peu gris, il se mit à les gronder. Nous voulions, La Bussière et moi, l'empêcher de poursuivre, en lui disant que c'étoit par politesse que le noble Vénitien nous ramenoit dans notre camp ; il ne faisoit que répéter que c'étoit beaucoup d'honneur pour lui. Par bonheur, l'Italien n'entendoit point un mot de françois. Enfin, M. le provéditeur arriva dans sa gondole, qui étoit magnifique, et qui étoit précédée d'une autre où il y avoit plusieurs trompettes qui ne cessoient de sonner pendant notre navigation, arriva, dis-je, sur le rivage. Étant débarqué, nous remerciâmes, La Bussière et moi, le noble Vénitien, et nous lui offrîmes une collation militaire dans nos tentes, ce qu'il refusa. La visite de M. le provéditeur au comte de Médavy se passa au bord du lac; elle ne dura qu'une demi-heure. Le 27, nous traversâmes Salo, et, suivant toujours le bord du lac, que nous avions sur notre droite et les montagnes sur notre gauche, nous fûmes camper à

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Maderno, village ^ Ce fut dans ce camp que nous essuyâmes pendant la nuit, qui étoit très obscure, un tremblement de terre épouvantable. Nous sortîmes tous de nos tentes en chemise. Nous nous mettions le dos contre les rochers, afin de nous mettre à couvert des pierres et des rochers mêmes qui tomboient du sommet des montagnes et qui, en passant par-dessus nos têtes, alloient se précipiter avec un bruit épouvantable dans le lac, qui, de son côté, faisoit des mugissements et des sifflements affreux. Nous étions presque persuadés que cela nous annonçoit la fin du monde. Ce tremblement dura presque une demi-heure. Cependant, malgré ce grand fracas, nous en fûmes quitte pour la peur ; il y eut seulement quelques chevaux de tués^.

Nous en décampâmes le 28 pour aller à Gargnano, petit bourg situé aussi sur le bord du lac^, où il y a quelques palais, dont un au duc de Mantoue; le comte de Médavy y fut logé. Nous ne pouvions trop admirer ce charmant pays, que nous quittâmes le 29, à une lieue de notre camp, pour grimper une montagne des plus escarpées. Nous défilions un à un : d'un côté étoit le précipice, et de l'autre la montagne escarpée. Nous campâmes à Piovere*.

Le lendemain 30, nous entrâmes dans le Trentin, et nous arrivâmes d'assez bonne heure à Oleano^. M. de

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