‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 168 sur 207 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p

300 MÉMOIRES [Août 1703]

Le 8, M. de Vendôme fut reconnoître le camp de M. de Vaubonne, qui étoit à Roveredo\ de l'autre côté de l'Adige, et il s'empara d'un poste en deçà de la rivière.

A l'égard de notre petite armée, elle séjourna deux jours dans la plaine de Riva, pendant lequel temps j'eus ordre de faire travailler à des retranchements pour mettre cette petite place hors d'insulte. En faisant abattre une muraille, nous trouvâmes une si grande quantité de scorpions^, que nous ne savions où nous fourrer.

Je ne puis m'empêcher de publier ici une action d'un officier général dont nous fûmes bien scandalisés. Je tairai son nom par rapport à son rang. Il étoit logé chez un gentilhomme, qui avoit dans sa maison dix tableaux originaux, peints par les plus grands maîtres d'Italie. Il eut la bassesse de lui demander les dix tableaux d'une manière que le pauvre gentilhomme n'osa lui refuser; il en avoit les larmes aux yeux. Nous fûmes indignés de ce procédé; nous étions plusieurs officiers présents et témoins du compliment.

Le 8, nous quittâmes notre camp pour aller à une lieue de là, dans la plaine d'Arco. Cette petite plaine est de deux lieues de longueur depuis Riva jusqu'à cette première ville ; elle a une demi-lieue de largeur. La Sarca, petite rivière, la sépare en deux. C'est un pays charmant ; l'on y est embaumé par les arbres les

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