Où Correggio-Micheli, près de Governolo
2. Outre VHistoire militaire (p. 166-173) et les Mémoires militaires (p. 266-279), il faut voir, sur ce désarmement, la Gazette, p. 520-521 et 544-545; le Journal de Dangeau, t. IX, p. 313-315; la Gazette d'Amsterdam, Extr. lxxxiv et Lxxxv; les Mémoires de Saint-Hilaire, t. II, p. 333-335; ceux du marquis de Franclieu, p. 22 ; les lettres du duc de
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que particuliers, furent au désespoir du procédé de leur souverain ; il y avoit une très grande liaison entre eux et nous. Plusieurs me dirent qu'ils étoient très fâchés d'être obligés de faire la guerre avec les Allemands, surtout contre nous ; qu'il y avoit une grande différence des manières des François, de qui ils ne rece voient que des politesses, et qu'au contraire ils ne recevoient que des brutalités de la plupart des Allemands.
Le même jour que les Savoyards furent désarmés, M. de Vendôme marcha avec vingt escadrons et trente bataillons du côté du Piémont, après avoir laissé M. de Bezons sur la Secchia. Nous amenions avec nous Messieurs les Savoyards ; car notre régiment étoit du nombre des troupes qui alloient en Piémont : il étoit chargé de conduire un régiment irlandois, que nous laissâmes à Pavie. A mesure que nos troupes avançoient dans le Milanois, on se défaisoit de ces Messieurs, qui reçurent, quelque temps après, des lettres circulaires du duc de Savoie, par lesquelles il leur ordonnoit de venir le joindre, et qu'il les déchargeoit de la parole d'honneur qu'ils avoient donnée. Plusieurs furent trouver M. de Pallavicin, un de leurs généraux^, pour savoir son sentiment. M. de Pallavicin, qui étoit un très galant homme, leur répondit
Vendôme, dans le ms. Franc. 14177, fol. 338 v° à 342, et surtout le commentaire joint par M. de Boislisle aux Mémoires de Saint-Simon, t. XI, p. 273-274.
1. Charles-Emmanuel, baron Pallavicini, était colonel du régiment de Chablais et grand-croix de l'ordre des Saints- Maurice et Lazare. Etant passé au service de France, il reçut peu après le grade de maréchal de camp (février 1704).
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qu'un honnête homme qui a voit donné sa parole devoit la tenir; que, pour lui, il la tiendroit inviolablement. Ce discours ayant été rapporté à S. A. R., il jura qu'il l'en puniroit : ce qui fit prendre le parti à cet officier de se mettre au service de la France*. Il a été tué, étant maréchal de camp^, à la bataille de Malplaquet, regretté généralement de tout le monde. La plus grande partie des officiers piémontois exécutèrent l'ordre de leur souverain; ils n'eurent point égard à leur parole.
Pendant notre expédition du Trentin, Brescello, qui étoit bloqué depuis plus d'un an, demanda à capituler; la garnison se rendit prisonnière de guerre^.
Après plusieurs jours de marche, nous arrivâmes près de la Sesia, petite rivière qui sépare le Piémont d'avec le Milanois. M. de Vendôme ne voulut point entrer dans les États de M. de Savoie, qu'il n'eût reçu auparavant de ce prince la réponse d'une lettre du Roi, qu'il lui avoit envoyée par un trompette, dont voici le contenu :
« Monsieur, puisque la religion, l'honneur, Tinté- « rêt, les alliances et votre propre signature ne sont « rien entre nous, j'envoie mon cousin le duc de Ven- « dôme à la tète de mes armées, pour vous expliquer « mes intentions ; il ne vous donnera que vingt-quatre « heures pour vous déterminer"*. »