‹ Mémoires du chevalier de QunicyChapitre 190 sur 207 · Torrent qui se jette dans la Scrivia · texte numérisé non relu

Torrent qui se jette dans la Scrivia

4. Rivière qui traverse Tortone avant de se jeter dans le Pô.

5. Village sur l'Orba. V Histoire militaire désigne ainsi les trois étapes de la marche de Vendôme : Torne, Serravalle et Crabiata [sic). Les Mémoires militaires disent que Vendôme, pour éviter la plaine d'Alexandrie, alla passer sous Tortone, et c'est peut-être ce nom qu'il faudrait lire au lieu de Torne, localité inconnue.

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avoit, de faire attaquer les Impériaux, qui, au nombre de six bataillons, s'étoient postés devant des masures et dans le château de Gastelnuovo, et de neuf cents chevaux, qui s'étoient mis en bataille le long de la rivière pour couvrir leur pont et pour protéger et assurer leur passage. Le prince de Liechtenstein^ et le commandeur de Solari, officiers généraux, commandoient ces troupes ; elles étoient soutenues par deux mille chevaux, qui étoient restés en bataille dans un gué. Outre cela, M. de Stahremberg avoit fait placer douze pièces de canon au delà de la rivière. Voilà la situation où étoient les troupes des Allemands qui faisoient l'arrière-garde, lorsque M. de Vendôme les fit attaquer par sa cavalerie, aux ordres de MM. de Bezons et de Saint-Frémond, et par les grenadiers, aux ordres de M. d'Albergotti et des autres officiers généraux. L'infanterie des ennemis fit d'abord un feu terrible ; mais nos grenadiers, ayant la baïonnette au bout du fusil, la chargèrent si brusquement, qu'elle fut dans le moment mise en fuite, pendant que notre cavalerie culbutoit celle des Impériaux dans la rivière. Ce fut alors que les deux mille chevaux qui étoient en bataille dans le gué s'ébranlèrent et marchèrent à notre cavalerie, qui fut obligée de plier; mais M. de Vendôme, étant venu à son secours avec quelques troupes de réserve qu'il avoit, repoussa entièrement les Impériaux, qui perdirent dans ce combat sept à huit cents hommes qui furent tués. On leur fit cinq

1. Philippe-Érasme, né en 1664; il ne fut pas tué dans le combat, comme va le dire par erreur notre auteur, mais fut si grièvement blessé, qu'il en mourut trois jours après, 13 janvier.

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cents prisonniers; ils perdirent six étendards. M. de Solari et le prince de Liechtenstein y furent tués, tous deux fort regrettés. Le premier étoit Piémontois, chevalier de Malte et lieutenant général des armées de l'Empereur, parent de M. de Solari, mon ami, avec qui j'avois été mousquetaire du Roi^. C'étoit le commandeur de Solari qui avoit défendu Guastalla, que nous avions pris l'année 1702*. Il étoit d'une des meilleures maisons de Piémont. On trouva après l'action son corps dépouillé; il avoit un brayer^. De notre côté, nous perdîmes bien du monde; nous eûmes quinze cents hommes de tués ou de blessés, sans compter une quarantaine d'officiers. MM. de Saint- Pater*, de Morangiès^, de Goas et de Goësbriant^ furent blessés"'.

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