C'est-à-dire un bandage pour hernie
4. Jacques Le Coustelier, marquis de Saint-Pater, était maréchal de camp depuis le 10 février 1704. Lieutenant général en 1706, il commandera à Toulon pendant le siège de 1707.
5. Charles-Auguste de Molette, marquis de Morangiès, colonel d'un régiment de son nom, deviendra brigadier en février 1704, sera blessé, en juillet 1705, au siège de Chivas, et mourra peu après.
6. Louis-Vincent, marquis de Goësbriant (1659-1744), était maréchal de camp du mois de décembre 1702. Il commanda, comme lieutenant général, le camp retranché de Toulon pendant le siège de 1707 et fut fait chevalier des ordres et gouverneur de Verdun en 1711.
7. Sur ce combat, voy. les Mémoires militaires, t. III, p. 348- 350 et 858-860; le Journal de Dangeau, t. IX, p. 411-412; les Mémoires de Sourches, t. IX, p. 263-265; la Gazette, p. 55; etc.
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Le combat fini, M. de Stahremberg fit marcher son armée vers Acqui; le 12, à Canellii, près de Nicede-la-Paille^. Ce fut en cet endroit qu'il joignit M. de Savoie. L'on peut juger de la manière avec laquelle ce prince le reçut ; il n'y eut sorte de politesses et de remerciements qu'il ne lui fit. Il le méritoit bien, car il venoit de terminer une marche des plus difficiles, et que l'on croyoit impossible. M. des Clos, que le Grand Prieur avoit envoyé pour occuper un poste près d' Acqui avec quatre cents chevaux, fut sommé de se rendre. Il fit réponse qu'il lui falloit dix jours pour prendre son parti, et qu'au bout de ce temps-là il verroit ce qu'il auroit à faire. Les ennemis ne jugèrent pas à propos de lui faire une autre sommation. Il ne se contenta pas de la réponse qu'il leur fit : il sortit de son poste pour tomber sur leur arrière-garde ; il tua une centaine d'hommes, et il fit cent cinquante prisonniers.
Revenons un peu à Borgorotto, où nous passâmes la nuit du 1 0 au 1 1 . A la petite pointe du jour, nous nous mîmes en bataille; les ennemis y étoient, de l'autre côté de la rivière. Nous fûmes en présence pendant deux heures, pendant lequel temps un officier ennemi vint à cheval sur le bord de la Bormida pour nous reconnoître. Un de nos grenadiers, s' étant glissé le long d'une haie, lui tira un coup de fusil qui le jeta par terre. Nous apprîmes depuis qu'il
1. Ou Cannelli, dans l'Astesan; les Mémoires militaires ont imprimé : Canetti.
2. Dans le Montferrat, sur la rivière de Belbo, entre Acqui et Asti : ci-dessus, p. 337, note 1.
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en avoit été tué, et que c'étoit un lieutenant-colonel.
Après avoir demeuré, comme je viens de le dire, deux heures en présence des Impériaux, le comte d'Estaing eut ordre du Grand Prieur de se retirer, avec les troupes qu'il commandoit, à Alexandrie, ce prince ayant été informé que les ennemis avoient trouvé un gué au-dessus de Casteinuovo, que leur cavalerie commençoit à passer la rivière, et qu'ils établissoient un pont vis-à-vis ce bourg pour faire passer leur infanterie et leurs équipages. Toutes les troupes répandues le long de la Bormida, depuis Cassin jusqu'à Alexandrie, reçurent le même ordre que nous; elles nous suivirent.
Il ne faut point être étonné de cette retraite ; nous n'avions pas assez de forces pour disputer le passage aux Allemands, d'autant plus que la rivière étoit guéable à bien des endroits. Nous voulions seulement les amuser, afin de donner le temps au duc de Vendôme de les joindre : ce qu'il fit, comme il a été dit auparavant, le même jour que nous nous retirâmes à Alexandrie, d'où nous nous rendîmes en deux jours de marche à Asti.
M. de Vendôme, dont l'armée avoit joint les troupes du Grand Prieur, auroit pu encore attaquer l'arrièregarde des Impériaux à Incisa * ; mais, craignant que le duc de Savoie ne marchât à Asti, il prit le parti de s'y rendre. Le 12, il fut camper à Castelspino^. Le 13, il fit remonter le pont qui étoit sur le Tanaro à Castel-
1. Incisa-Belbo, sur la rivière de ce nom, dans l'Alexandrin.
2. Gros village entre la Bormida et l'Orba, au sud d'Alexandrie.
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laccio^, et, ayant passé dessus, il alla camper à Corticelle, près d'Asti 2.
Le 1 6, nous sortîmes de cette ville pour aller joindre l'armée, qui marchoit à Gostigliole^, dans le dessein d'attaquer les ennemis lorsqu'ils passeroient le Tanaro ; mais nous y arrivâmes trop tard. Nous séjournâmes le 17 et le 18. Nos troupes ensuite rentrèrent dans leurs quartiers. J'eus dans cette marche encore un de mes sergents de tué par les paysans.
Les Impériaux et les Savoyards étant aussi entrés dans leurs quartiers d'hiver, il étoit à présumer qu'à la fin nous aurions un peu de repos et de tranquillité, après une campagne aussi rude, aussi fatigante et dans des marches continuelles. Mais les dieux en avoient ordonné autrement, comme je le ferai voir après avoir dit un mot de la disposition de nos troupes dans leurs quartiers et de celle des ennemis dans les leurs. Il y avoit dix-huit bataillons et trente escadrons, aux ordres de MM. de Vaubecourt et d'Estaing, dans le Novarois et la Lomelline, depuis la vallée de la Sesia jusqu'au Pô, et cinquante -huit bataillons et soixante-huit escadrons depuis le Pô, entre Casai et Verue, jusqu'à Acqui. A l'égard de ceux des ennemis, la droite commençoit à Albe et la gauche finissoit au Pô.
1. Le manuscrit porte Castelcasso ; c'est Castellaccio, sur la Bormida, entre Castelspino et Alexandrie.
2. Non point près d'Asti, mais à mi-distance entre cette ville et Alexandrie, au delà du Belbo.
3. Costigliole-d'Asti, dont le château, occupé par les ennemis, fut pris, le 16 janvier, par M. de Bouligneux. [Mémoires militaires, t. III, p. 351-352.)
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Quelques jours après que nous fûmes entrés dans nos quartiers, il fallut en sortir pour rompre le dessein de M. de Savoie, qui vouloit s'emparer de Villadeati^ et de Montecalvo^, afin d'ôter la communication de nos quartiers à Gasal et de resserrer cette place. Pour cet effet, il marcha avec un régiment de dragons, deux de cavalerie et huit bataillons à Cocconato^ et à Murisengo^. Presque toutes les troupes de M. de Stahremberg le sui voient pour le soutenir.
M. de Vendôme, qui payoit parfaitement bien ses espions, fut averti sur-le-champ de ce projet. Il fit d'abord occuper par un gros détachement, aux ordres de M. de Vaubecourt, Villadeati, et il marcha avec très peu de troupes à Rinco^. Cette manœuvre en imposa tellement au Savoyard, qu'il s'arrêta, croyant que M. de Vendôme avoit beaucoup plus de troupes qu'il n'en avoit. Notre régiment étoit à Rinco ; nous restâmes pendant cinq jours en présence des ennemis, pendant lequel temps toutes nos troupes nous joignirent : ce qui nous mit en état de combattre les ennemis. Le 2i7, l'on fit distribuer la poudre aux soldats. Comme nous nous mettions en marche à la petite pointe du jour, nous apprîmes que M. de Savoie avoit décampé la nuit. Nous marchâmes pour charger son arrière-garde ; mais il étoit trop tard, les ennemis
1. A l'ouest de Casai, entre cette place et le bourg de Monteglio.