Village à quelques kilomètres nord-ouest de Vérone
4. Jean-François Ravend, marquis de Saint-Frémond, était maréchal de camp depuis 1693 ; il deviendra lieutenant général en 1702.
5. Sur ce combat, ou plutôt cette surprise, on peut voir la Gazette, p. 347-348, 362, 367-368; le Mercure de juillet, p. 254- 285, 333 et suiv.; les Mémoires militaires sur la guerre de la Succession d'Espagne, par le général Pelet, t. I, p. 273-277 ; les Mém. de Saint-Simon, éd. Boislisle, t. IX, p. 52-54; etc.
6. Les premières campagnes en Italie, de 1701 à 1705, furent plutôt favorables aux armes françaises; ce n'est qu'à partir de 1706 que commencèrent les « malheurs, » achevés par la déroute de l'armée française devant Turin.
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se donnoit dans une grande salle, au milieu de laquelle il y avoit un pilier, et tous les danseurs et toutes les danseuses, chacun tenant sa chacune par la main, tournoient autour de ce pilier; ils étoient bien une centaine. Ils dansoient le menuet; ils ne faisoient que marcher en cadence.
Nous en partîmes le 17, à la petite pointe du jour, à cause de la chaleur excessive qu'il faisoit. En sortant de cette ville, nous trouvâmes un pays charmant, la campagne et les coteaux couverts de tout ce que le meilleur territoire peut produire. Toute l'Alsace est de même; c'est une des plus riches provinces de l'Allemagne.
Nous arrivâmes à huit heures du matin à Colmar, ville des plus considérables de l'Alsace, dont elle est nommée entre les dix villes impériales. Elle est située sur la rivière d'Ill ; elle a été cédée à la France par le XL vif article du traité de la paix de Munster ; elle est assez bien fortifiée ; il y a une cour souveraine. Pendant notre séjour, nous fîmes connoissance avec la présidente de ***, qui étoit une dame des plus aimables et qui avoit beaucoup d'esprit. Elle avoit deux filles qui ne lui cédoient rien en beauté ; l'aînée avoit quinze ans, et la cadette quatorze, toutes trois très capables d'inspirer beaucoup d'amour. Nous passâmes, mon frère et moi, toute l'après-dînée avec elles. Nous nous plaisions infiniment dans cette ville, et ce fut avec beaucoup de chagrin que nous en partîmes le 18, et, quoique à la pointe du jour, nous aperçûmes nos trois aimables personnes à une fenêtre dans une maison de leurs amies, pour nous voir passer, ce qui nous
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toucha vivement. Nous les saluâmes très respectueusement.
Schlestadt. — Nous arrivâmes de bonne heure à Schlestadt, ville très bien fortifiée, à la France depuis la paix de Munster. Elle dépendoit autrefois du gouvernement de Haguenau. Elle est située sur la rivière d'Ill, qui va se jeter dans le Rhin au-dessous de Strasbourg, après avoir traversé cette ville. Aussitôt que nous eûmes mangé un morceau et visité toutes les fortifications de la place, nous fûmes demander permission, le chevalier de Clermont-Gallerande^, le chevalier d'Houdetot, mon frère et moi, à M. de Rigoville, notre commandant, et au gouverneur, d'aller à Strasbourg, ce qui nous fut accordé. Nous fûmes sur-le-champ à la poste pour avoir des chevaux ; mais, nos camarades, qui avoient la même curiosité que nous de voir cette célèbre ville, nous ayant prévenus, et ne trouvant pas un seul cheval, nous fûmes obligés de prendre un bateau pour nous quatre. Nous nous embarquâmes à huit heures du soir sur la rivière d'Ill, qui va se jeter dans le Rhin après avoir traversé Strasbourg, comme je l'ai déjà dit. A une heure après minuit, nous essuyâmes un orage des plus affreux. La lune ayant disparu, on ne voyoit ni ciel, ni eau, ni terre. Nous eûmes une pluie continuelle pendant trois heures, qui tomboit sur nos tètes comme un torrent. Les éclairs se faisoient voir de temps en temps; les tonnerres grondoient de tous côtés avec un bruit épouvantable, et ce qui augmentoit notre embarras
1. Armand-Henri, chevalier, puis comte de Clermont-Gallerande, né en 1686, devint par la suite capitaine au régiment du Roi.
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et nous faisoit le plus de peine étoit que notre bateau se remplissoit d'eau. Que faire dans ce moment critique? Je conseillai à nos camarades de mettre pied à terre au premier village et d'y rester jusqu'à tant que cette tourmente fût passée ; mais les mariniers nous dirent qu'aucun paysan ne voudroit nous recevoir, que tout le monde étoit couché. Outre cette raison, nos Messieurs vouloient arriver à Strasbourg; ainsi, il fallut donc essuyer tout l'orage. Nous nous mîmes à travailler afin de jeter l'eau hors du bateau, pour ne point être submergés. Ce ne fut pas sans une fatigue extraordinaire que nous arrivâmes, le 19, à dix heures du matin, à Strasbourg. Nous fûmes quatorze heures à faire ce maudit voyage, quoiqu'il n'y ait de Schlestadt à cette dernière ville que sept lieues.
Strasbourg. — Lorsque nous fûmes arrivés à l'hôtellerie, nous fîmes faire un grand feu, afin de sécher nos habits le mieux qu'il nous fut possible, et, après avoir changé de linge et avoir fait poudrer nos cheveux, nous dînâmes parfaitement bien. Ensuite, comme dit Virgile, mensseque remotae^ , nous nous mîmes à badiner sur notre triste aventure. Le carrosse que nous avions envoyé chercher étant arrivé, nous fûmes voir tout ce qu'il y a de curieux dans cette grande ville, capitale de l'Alsace, située à un quart de lieue du Rhin. La Brusch^ y passe à côté.
Nous fûmes d'abord à la citadelle que le Roi a fait construire ; ensuite, nous parcourûmes tous les remparts à pied, et, après avoir fait le tour de la ville,