Notre auteur a déjà décrit Noyon (ci-dessus, p
170 MÉMOIRES [Octobre 1701]
infiniment. Nous fûmes voir le comte d'Aubigné^ neveu de l'évêque^, qui nous reçut parfaitement bien. Il y a une galerie qui mène de l'appartement de l'évêque à la cathédrale; elle étoit encore remplie d'une quantité innombrable de portraits de la maison de Glermont-Tonnerre, ce qui nous fît admirer la grande humilité du défunt évèque^. En 1516, la paix fut conclue à Noyon entre François P"^ et Charles d'Autriche, depuis empereur.
Compiègne. — Le 30, à Compiègne, où je fus logé avec mon frère chez un bon bourgeois. G' étoit un vendredi; il nous fit très bonne chère en poissons. Sa femme étoit charmante, jolie comme un petit cœur, jeune. Le mari étoit âgé, apparemment jaloux ; malgré toutes les prières que nous lui fîmes, il ne voulut jamais souffrir que cette aimable personne soupât avec nous; au contraire, il l'obligea qu'elle le servît, et nous, à table. Il ne faisoit que nous répéter que les femmes étoient faites pour être soumises à leurs maris, qu'il ne falloit point les gâter, ni se laisser tyranniser par ce sexe impérieux, et que, si tous les hommes
suivoient son exemple, il n'y auroit pas tant de c
Je lui répliquai que je craignois fort que la manière
1., Louis-François, comte d'Aubigné ou d'Aubigny, colonel en 1705, parviendra au grade de lieutenant général en 1734.
2. Claude-Maur d'Aubigné, d'abord abbé de Pothières (1686), puis de la Victoire (1692), venait de succéder à M. de Clermont-Tonnerre comme évêque de Noyon, et deviendra archevêque de Rouen en 1707. Saint-Simon a raconté [Mémoires, éd. Boislisie, t. VIII, p. 76-79) comment M. d'Aubigné eut cet évéché, grâce à sa prétendue- parenté avec M"** de Maintenon.