‹ Mémoires du commandant Persat, 1806 à 1844Chapitre 119 sur 165 · CHAPITRE VIII S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII S

dès que ses arrêts furent levés, Maillet s^empressa d'appeler en duel non le sieur B..., à qui il aurait fait d6}k trop d'honneur, mais il 8*abaissa au point de provoquer S...» l'un de ses délateurs. Cet homme ne voulait pas accepter le duel à l'épée, mais M. MoUier lui dit : « Vous avei rapporté des propos qui s'étaient tenus chez moi, supportez-en les conséquences, ou sortez d'ici. • S..., alors, accepta le duel. Maillet était d'une bravoure rare et maniait très bien l'épée, mais malheureusement il arriva dans ce funeste duel ce que nous avons vu dans d'autres tout aussi déplorables. Maillet, après avoir désarmé son adversaire, voulut continuer le combat, et tout en rompant, S... lui porta un coup d'épée dans l'œil. Le cerveau avait été touché; le brave Maillet, se sentant blessé, dit à S... : « Tu m'as porté un coup maladroit, reçois-en un do maître »; et, en disant cela, il tomba dans les bras de ses témoins. Ainsi périt, à la fleur de l'âge^ l'un des meilleurs et des plu^» L/aves officiers supérieurs de l'armée.

La mort de Maillet exaspéra tous les ofliciers de cœur de la brigade, ceux de son bataillon particulièrement, et^ plus encore, les sous-officiers et soldats; aussi S... fut-il forcé de fuir leur juste vengeance, car ils adoraient leur digne chef.

Si notre malheureux ami Maillet fut regretté par les officiers de la brigade, il n'en fut pas ainsi du côté do M. Corbet qui poussa le manque de cœur jusqu'à donner un bal le jour même des funérailles du brave Maillet! A ce bal n'assistèrent, bien entendu, que les amis de M. Corbet.

Je donne ici l'ordre du jour du général de Guéhéneuc :

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