CHAPITRE X
et persiévér&nts patriotes de Grenoble, de ^zille, de Romans, de Valence, etc., et vous aussi, indomptables Lyonnais, vous êtes tous la Garde impériale de la France!
Accompagné de plusieurs vétérans mutilés de Waterloo, j*allai toucher de mes mains et arroser de mes larmes les portes que les Grenoblois apportèrent à l'Empereur, tandis que M. le général Marchand (1) en gardait soigneusement les clefs. Cette réunion d'une douzaine do vieux grognards, se rappelant avec émotion le retour do TEmpereur, fut bientôt augmentée d'un grand nombre de patriotes, et, sans un prudent Grenoblois, qui nous rappela la loi d'amour du 9 septembre 1835, il est probable que cette journée se serait terminée par un banquet impérial. Toutefois, nous ne nous séparâmes pas sans avoir porté des toasts à la mémoire do l'Empereur! et & la gloire et & la liberté futures do la France!
Malgré les vives instances de mes anciens frères d'armes de l'Empire, je quittai Grenoble le 3 novembre, afln de pouvoir assister aux élections do mon département, sans ôtro électeur cependant, grfice à ines campagnes libérales et à mes voyages, dans lesquels- j'ai absorbé entièrement mon patrimoine.
Enfin, le 6 novembre, j'étais encore une fois dans mon village chéri : Ennezat! au sein de ma famille, qui mé reçut avec joie pour la quinzième fois!
(1) Ce général, qui avait boudé la royauté des barricader depuis 1880 jusqu'en 1837» a été cependant nommé pair dans la dernière fournée: C'est une récompense un peu tardive à son dévouement bourbonien de 1815. Cet oubli du roi Louis-Philippe envers un Adèle de la branche atnée m'avait tant soit peu étonné, lui qui a si bien reçu les hommes de Oand* etc.
Le général Jean-Gabriel Marchand, qui avait Joué à Grenoble dans lot Journées des 4, 5, 6 et 7 mars 1815 le rdie que l'on sait, mounit en 1851. (0. 8.)
DOCUMENTS SUPPLEMENTAIRES
Latre du 13 mat 1822 du préfet des Bouches^U'RMne âu ministre de P Intérieur après le retour de Maurice Persat de son premier séjour en M orée.
Le préfet des Bouchcs-du- Rhône à Son Excellence le ministre secrétaire d'Etat de rintérieur.
Monseigneur»
Ce que j'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Excellence le 18 du mob d'avril dernier, au sujet du sieur Persat, faisait prévoir de sa part des prétentions désordonnées à l'égard de la jeune Turque qu'il a amenée de la Morée. Je puis aujourd'hui annoncer que les desseins de cet ex-oificicr, mieux connus, et la conduite qu'il a tenue depuis son arrivée, sont do nature à démentir tout ce qu'on avait pu lui imputer de défavorable.
Ces voyageurs sont sortis du Lazàrqt. L'étrangère dont il 8 agit, qui se nomme Adellé-Allili-tu-Giliatopoulo (Vtr), (fîlle de l'agade Léondari, massacré en Morée), figée de quatorze ans, a été interrogée en particulier par M. le procureur du Roi, au moyen d'un interprète qu'avait choisi le sieur Ilassan-Mourali, se disant agent du bey de Tunis, qui se faisait un devoir de con- ^icnce de réclamer et de traiter convenablement la fille d'un musulman. La jeune personne a répondu que les oiïrcs briltantes de Mourali ne la touchaient pas autant que ce que la reconnaissance lui imposait envers son seigneur (c'est ainsi qu'elle parle du sicur Persat). On lui fit alors rcmarqwîr que l'esclavage n'est pas reconnu eh France, et qu'elle pouvait se décider en toute liberté;, mais cette observation ne changea
8«i MÉMOIRES DU COMMANDANT PERSAT
rien au parti qu'elle avait pris de mettre son sort entre les mains de Thomme qui lui avait sauvé la vie. Il résulte du récit d'Adellêf et du témoignage de quelques-uns de ceux qui sont arrivés sur le même bâtiment, que le sieur Persat â arraché cette Tillo du milieu du carnage, au moment où les Grecs mtsacraient, avec une barbarie sans exemple, tout ce qui se trouvait dans la ville de Tripolitza; que l'état d'exténuation et de misère affreuse où était réduite la jeune Turque par les privations et les alarmes d'un long siège, éloigne de l'action de son libérateur la supposition de tout autre motif que celui d'une généreuse compassion; ce qui fut d'ailleurs démontré par la tentative qu'on vit faire au sieur Persat pour se charger aussi d'un enfant de cinq ans, dont la mère venait do recevoir le coup mortel.
Il est encore attesté que cette jeune fille a été traitée pendant^ le voyage et la quarantaine avec les égards et la décence cfue sa position et son sexe exigeaient.
Ces diverses considérations^ autant qu'une inspiration charitable, ont déterminé Mme la baronne de Damas à assurer l'existence et l'éducation de cette intéressante orjfvheline. Le sieur Persat en a entendu la proposition avec joie, et iil'a accompagnée avec sa bienfaitHce au couvent des Grandes- Mariés, où des soins vont lui être prodigués pour l'entier rétablissement de sa santé et pour son instruction, ■
Pour ce qui est personnel à cet ex-officier, j'ai acquis la. conviction intime qu'il n'est pas aujourd'hui indigne.de fixer favorablement l'attention de Votre Excellence. Sa qualité dominante est une franchise qui le porte à confesser hautement les erreurs qui l'ont entraîné dans ses folles excursions : il déclare en public, comme devant l'autorité, que c'est aux journalistes révolutionnaires qu'il doit la fausse' direction qui l'a perdu;. il se promet de faire imprimer des relatîpns où les jeuneis gens pourront apprécier lés hommes que cette faction met en jeu. Il proteste d'un retour sincère à la cause que tous les bons Français doivent défendre, et il regarderait, dit-il, comme un bonheur pour lui de verser son sang au servîce^ du Roi.Tpus ceux qui l'entendent son,t persuadés que ce langage est celui d'un franc soldat incapable de feindre. Je crois aussi qw un homme de son caractère n'est pas à repousser dans son repentir : les gages qu'il en a donnés en s'exposant déjà au ressentiment du parti qu'il renie, sont des motifs pour compter sur lui, et son exemple peut agir puissamment sur l'esprit de beaucoup de militaires.
OOGUHBIfTS SUPPLÊMENTAlRm SSS
Ùanfl ces àispositions, et avec I*intérêt que le ûeur Persat •*est généralement concilié pw les circonstances de son rotour de la Morée, j'aurais cru d*une rigueur que Votre Excellence eût désapprouvée, le refus de le laisser aller jusqu'à Ciermoni, pour y voir sa mère malade.J*ai,sur sa demande, dont copi^ est «i* jointe,, délivré une passe provisoire pour cette destination, sans que le porteur puisse déùier ni se diriger ailieurs, avant que Votre Excellence, considérant les modiflcations que je viens d'apporter à mon premier rapport du 18 avril, ait fait connaître sa décision.
J'écris à M. le préfet du Puy-de-Dôme pour l'engager à ne pas perdre de vue la position provisoire du sieur Persat.
Je[sui»^avec respect, etc.
1 Le maître des requêtes, préfet des Rouches-du-Rhéne,
Comie DB ViLLENRUVt.
{lîrchives Nationales^ dossier 7663, série F^ carton 6907.)
TéeUre deMaurke Persat au ministre de F Intérieur, placée sou$ le couvert du document précédent.
Petsai, 'ancien oincier de cavalerie, à Son Excellence le ministre de l'Intérieur. ,
Monseigneur,
A ma sortie du Lazaret, M. le préfet des Bouches-dU- RhAne m'a fait appeler pour me prévenir que Votre Excellence l'avait informé qu'ayant pris du service chez les Napolitains, j*avais, par cola, perdu ma qualité de Français, et que par conséquent je ne pouvais rentrer en France qu'avec une autorisation du Roi. M. le préfet, très sévère dans ce qui regarde les intérêts de Sa Majesté, ne confond pas le criminel avec le malheureux, punit sévèrement le premier et protège le second. J'ai eu l'honneur de lui retracer ma conduite de 1815 jusqu'à ce jour^ avec la franchise d'un militaire qui n'a h se reprocher que des étourderies provoquées par des imposturas puhliées audacieusement par des journalistes que le gouvernement
SSi MÉMOIRF^S DU COMMANDANT l>KR8AT'
dnvrait proficrire do la France. J'aî communiqué aussi à M, le . préfet une Ictlre do ma famille qui m'annonce l'état dangereux où se trouve ma mère : M. le préfet a pris part à mes peines, et, sur ma parole d'honneur de me rendre directement auprès de mes parents, il a eu la bonté de m'accorder une autorî- ;fcation pour aller rendre un devoir filial à l'auteur de mes joufs.
Nîonseigneur, Votre Excellence me permettra sans doute de lui exposer ma conduite. Je suis né Français, je voux mourir dir^ne de ce nom. J'ai fait de grandes fautes, mais pas assez pour me faire rougir : mon cœur ne me reproche rien; une mauvaise éducation et de faux amis sont la seule cause de tous mes malheurs. . ^
J'ai l'honneur de faire h Votre Excellence le serment de chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur de dire la sincère vérité.
A Torgartisation de l'armée de 1814, je fus conservé lieutenant de la compagnie d'élite du 'i» lanciers. Une altercation avec le major de ce régiment me fit perdre ma demi-solde : je me rendis auprès de ma mère dans le mois d'août; j'y restai jusqu'au mois de janvier; le maire de la ville de Riom peut certifier que je mé suis conduit en homme d'honneur, et môme que j'étais très bien avec. les royalistes de Cette ville. J'étais à Paris lorsque Buonaparte rentra en France. Je reçus l'ordre de partir pour Mclun, le 15 mars, pour y être incorporé dans les <?ompaiînies de la Garde royale à cheval. J'avais avec moi un ofTicicç de cavalerie. Avant d'arriver à. Melun nous rencontr/îmcs un détachement de gardes du corps du roi. Le commandant, après nous avoir interrogés, nous dit qu'il avait des ordres pour, faire rétrograder tous les militaires qu'il trouverait sur la route, et nous prévint que le camp était transféré à Saint-Denis. Nous continuâmes de marcher avec ce détachement jusqu'à la poste aux chevaux; nous le laissâmes fîlerj et nous tînmes un conseil pouf savoir le parti que nous avions à prendre. Je ne cacherai pas que je dis à rofficier qui était 'avec moi : « Si j'avais fait serment de fidélité au Roi,, j'irais à Saint- Denis; je suis libre, je vais à Melun. »
Cette malheureuse et peu réfléchie résolution nous a perdus tous les deux. Nous arrivâmes à Paris avec celte armée coupablcrsans doute, mais à plaindre. Je fus placé dans le 2» lanciers. J'ai reçu un coup de sabre à Waterloo, et au licenciement de l'armée de la Loire, je fus renvoyé en demi-solde dans mon département. J'y restai jusqu'en 1817. Dans cet espace
DOCUMElfTS 8UPPLÊNKNTA1KK8 Sà«
do temps je n'ai fréquente aucune siociété, je n*ai rien fait ni dit contre le Kouvernemcnt. M; le général vicomte de Vergennes ne m'aurait pas accordé son estime et sa confiance si je. ne m*étais pas conduit en homme d'honneur.
Au niois de février 1817, je demandai au général une permission pour me rendre à Paris, dans rintontion d'y solliciter du service. Le général, me portant de l'intérôt, et craignant que mon voyage h Paris eiU un autre but, me fit mettro la main sur le cœur et faire le serment que j'uHais à Pftrls pour solliciter du:service. Je le fis volontiers, car c'était véritablement mes intentions. Le général eut la bonté de me donner une lettre de recommandation pour M. le général, son frère, attaché à la maison de Son Altesse Royale, Monsieur. J'avais déjà fait plusieurs démarches,' lorsque le général arriva  Paris avec deux de mes iamis qu'il voulait aussi faire employer. Nous avions déjà de grandes espérances, lorsque le général fut obligé de se rendre dans son département pour une émeute occasionnée par la cherté du pain. Dés le moment où le général ne fut plus là pour soutenir nos intérêts, nous perdîmes l'espoir d'être placés. Sans réfiexion nous primes le parti violent de passer aux Indépendants de l'Amérique. Nous demandâmes nos démissions et nous partîmes.
Je ne veux pas importuner Votre Excellence en lui retraçant les maux que j'ai soufTerts et les dangers que j'ai courus dans les deux années que j'ai éié forcé de rester avec cette réunion de forbans; j'étais à Tlle Marguerite lorsque M. de Tharon,commandant la goélette du roi le Messager, vint dans cotte lie faire. des réclamations pour des bâtiments français pilli^ par les corsaires de Bolivar. Je priai ce loyal ofllcier de m'arracher dbs mains de cesmisérables Indépendants. M. de Tharon, après avoir visité mes papiers, m!accorda passage à son bord. Nous arrivâmes à la Martinique dans le mois de février 1810 : e me présentai à M. le général Donzelot, gouverneur de l'Ile. Ce généreux et fidèle serviteur du Roi, apr^s m'àvoir fait une bonne morale, fut touché des maux que j'avais soufferts. Il m'accorda passage sur un bâtiment de Sa Majesté pour rentrer en France. J'arrivai à Paris au mois de mai. Je devais espérer d'être placé, mais j'avais publié la conduite des Indépendants, . comme je viens de publier celle des Grecs. Je fus reçu froidement, même par des généraux qui m'avaient offert leurs services avant mon déport pour rAméric|uo.
Je me consolai de la porte de l'estime de tous ces gens-là, ayant pris la ferme résolution de servir le Roi. Dès ce moment,
8S6 MÉMOlilES Dtr COMMANDANT PER8AT
• je me iSaî avec des oiDciers de la Garde royale, mes compatriotes, qui me firent tontes les orfTres d*amîtié et do service.
Jo me permettrai d'observer à Votre Excellence que je suis arrivé d'Amérique avec une chemise et cinq francs^ reste do cinq ou six mille francs que j'avais emportés avec moi. N'ayant rien à espérer, du ministre, je me rendisrdans mon département. Jo fus obligé de faire de nouveaux amis; les amis libéraux crai* ^naicnt do se compromettre, j'avais dit du mal des Indépen* dnnts. Le fils de M. Dutrémblay, premier commis des finances, que je connaissais, m'avait présenté à son père lors de mon retour de l'Amérique. M. DutrembVay s'étant intéressé à ma position, pria M. de Saint-Cricq, directeur général des douanes, de me donner une place. J'eus une audience do Mi le directeur : il me promit une place de lient cna;nt dans les doulinés à cheval. Le fils Dutrémblay m'écrivit que je pouvais venir à Paris, que j'allais être placé. Je m'y rendis; j'eus lé matheur de m'y trpuverlors des troubles du mois do juin; je fus dénoncé comme étant un des chefs de la réyolle de* l'Ecole de droit. $i j'eusse été coupable, la police m'aur^iit fait arrêter. '
VoilA,' Monseigneur, la conduite que j* ai tenue dans ces événements. Jusqu'au 5, j'ai toujoursi resté avec un de mes anciens camarades qui. était à Paris pour se marier. Je ne m'étais absolument mêlé de. rien, et n'avais paru dans aucun rassemblement. Le 6, ayant diné en société, on proposa d'aller à la Chambré des députés : oc fut la première et la. dernière fois. Nous primes .le quîri du quartier deë Gardés-du-Corps, et arrivés près du pont Louis XV, nous nous arrêtâmes, ne pouvant aller plus loin, d'après ce que nous. dit un officier de gendarmerie. IJne heure après nous nouîj retirâmes.
Jo me surs trouvé aussi M'entcrrement de Lallemand, invita yuar un de ses parents. J'aurais pu me dispenser de cela : j'avoue que c'est une faiblesse de ma part. Je dirai aussi que les charges dos dragops et des cuirassiers ne me firent pas plaisir*. Si j'eusse été au service du Roi, j'aurais acheté uh fouet de poste à chacun de nos soldats, et j'aurais dispersé les attroupements de cette manière : les esprits auraient été, moins irrités.
Le 1 1 , je partis pour l'Auvergne ; deux niois après je nie rendis à Marseille, del2t à Naplcs. M. de Fontenay,. chargé d'aiïaircs do France dans cette ville, et M. Bcnoist, chef du secrétariat parliculior du ministre des Affaires étrangères, qui se. trouvait à Naples à cette époque, peuvent rendre compte à Votre' Excellence non seulement de ma conduite, mais encore certifier que je n'ai pas Jpris du service, ni reçu des appointements. J'ai
DaCUMEKTS ffUPPLÉMEKTAIftKS M7
perdu un cheval dana les Abniszes; j*ai été blessé en faisant la guerre comme volontaire. Son Altesse le Prince régent m*a donné une gratidcation do doux mille francs que j*ai acceptée. Je suis rentré en France sur un bâtiment du Roi avec les promesses de MM. de Fontonay et Bcnoist de rendre compte au gouvernement de ma conduite et de l-fntércsscr à moi. Câi messieurs ont tenu leurs promesses. A mon arrivée en France, je me rendis à Paris; j'eus Thonneur de voir M. Benoist; il me dit que je serais sans doute placé, mais qu'il fallait attendre. N'ayant plus de fortune, je ne voulais pas dissiper Ib peu d'argent qui me restait, dans la crainte de me trouver dans la pénible nécessité de demander des secours. Je partis pour Londres dans l'espoir de trouver im passage pour lés lies Ioniennes, et de là me rendre en Moirée. J'y appris la mort de Buonaparte; je revins en France, croyant que cette nouvelle serait favorable pour moi, et pour tous les officiers dont on se méfiait, par rapport à l'attachement qu'ils avaient montré pour cet homme. Je me permettrai de dire à Votre ËxceUence que je vis avec peine que MM. les ministres ne pouvaient pas se persuader que, la mort de Napoléon nous ayant rendus maîtres de nos consciences et de nos cœurs, nous n'aurions d'autres désirs que de servir le Roi aussi fidèlement que Napoléon. Désespéré plus. que jamais de ne pouvoir obtenir du service, je me rendis à Marseille et m'embarquai pour la Grèce. Je n'ai pas besoin de donner, à Votre Excellence des détails sur ces événements : j'ai eu l'honneur de lui en rendre compte dans ma lettre du 20 avril dernier. A ma sortie du Lazaret, M. le procureur du . Roi me fit iappeler pour savoir si la jeune Turque que j'ai amenéo en France était librement avec moi. Cette jeune personne ayant répondu que oui, M. le procureur du Roi me dit que j'étais libre de la garder. Ayant dissipé mes derniers sols chez les Grecs, je ne pouvais plus continuer ce que j'avais commencé pour cette enfant. Si l'argent avait eu plus .d'empire sur moi quo l'honneur et. l'humanité, j'aurais pu rcmplhr ma bourse avec celle d'un riche Turc qui l'avait réclamée aux autorités do Marseille.
Pàrdonnez^-moi, Monseigneur, si j'entre dans de pareils détails; mais je désire servir le Roi, et je dois assurer Votre Excellence que rien ne pourrait me corrompre et me faire trahir mes serments. Croyez, Monseigneur, que les malheurs que j'ai éprbuvés m'ont bien rendu sage. Je suis rentré en France bien disposé à servir lé Roi; les bontés que M. le lieutenant générai baron de Damas a eues pour moi, ainsi que pour la jeune Tur-