CHAPITRE IV m
pour, de là, me rendre en Espagne par mer, car il était trte diflicile de passer la frontière sans être arrêté par les postes français, ^ivé au Havre, je fis la rencontre d'un capitaine des cuirassiers de la garde royale, mon digne compatriote Andrès de Viry. Après nous être complimentés l'un et l'autre, le capitaine de Viry s'aperçut que j'étais agité et soucieux. Ce loyal compatriote connaissait la vivacité de mon caractère; il savait que j'avais été découragé dans mes démarches par ces misérables buralistes de la Guerre; il devina mon fatal projet. « Pcrsat, me dit-it, vous vous êtes encore laissé endoctriner par les libéraux; vous aile? en Espagne!.» J'avoue même aujourd'hui que si je m'étais trouvé seul en ce moment* avec mon digne compatriote, j'aurais renoncé à ce funeste projet, mais j'avais pour compagnon de voyage un capitaine qui fuyait ses nombreux créanciers, et je l'ignorais. Ce malheureux, que j'avais connu très bon dans les Cent-Jours, me réchauffa l'imagination; j'oubliai les généreux et salutaires conseils du brave capitaine de. Viry. Nous nous embarquâmes pour l'Angleterre.