‹ Mémoires du comte Beugnot, ancien ministreChapitre 13 sur 13 · II · texte numérisé non relu

II

Ces conclasions du Rapport farent adoptées par la Chambre^ qui rejeta la proposition.

Pendant les sessions suivantes^ M. Beugnot ne prit qu'une part restreinte aux débats parlementaires. Le 30 avril 1821, il fut élevé à la dignité de grand croix de la légion d'Honneur^ et lorsque la Chambre fut dissoute en 1823, il ne se représenta plus au choix des électeurs et parut se retirer momentanément de la vie politique.

C'est qu'il attendait l'effet de la bienveillance par- 'ticulière du Roi. Le 12 mars 1819^ ime Ordonnance royale, contre-signée par le marquis Dessoles, président du Conseil, appela le comte Beugnot à la Chambre des Pairs; mais le jour même où il recevait l'avis de sa nomination, le ministère se retirait, laissant à ses successeurs le soin de faire honneur à la signature du Roi ; le Moniteur ne publia pas cette Ordonnance, et ce ne fut que dix ans après, le 27 janvier 1830, qu'il prit enfin possession de son siège à la Chambre des Pairs.

Mais dans cet intervalle de dix années et quoiqu'il se fût retiré volontairement de la Chambre des Députés, le comte Beugnot conserva pendant tout le temps que dura la Restauration une influence politique que Louis XVllI et Charles X daignaient eux-mêmes apprécier.

C'était un hommage rendu à sa haute expérience des affaires, à son esprit ferme et éclairé, à son dévouement aux principes monarchiques qu'il ne sépa-

rait pas d'uu attachement sincère et réfléchi pour les libertés politiques données par la Charte.

Mais il ne lui fut pas permis de jouir longtemps de cet honneur de la Pairie qu'il avait paru rechercher comme le couronnement légitime d'une vie si honorablement remplie. Douloureusement atteint dans ses convictions monarchiques et libérales par les Ordonnances de 1830 et les événements qui en furent la suite, M. Beugnot rentra dans la vie privée sous le Gouvernement de Juillet. C'est alors que, retiré dans son château de Bagneux, près Paris, il entreprit de réunir et de compléter ces Mémoires dont plusieurs fragments avaient été composés dans les années antérieures. Mais de cruelles soufirances ne lui permirent pas d'achever entièrement la tâche qu'il s'était imposée, et le comte Beugnot mourut le 24 juin 1835, à l'âge de soixante-treize ans, après avoir reçu les dernières consolations de la religion des mains du vénérable Archevêque de Paris, Monseigneur de Quélen.

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