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LA PAIX AVEC LES ÉTATS DE L EMPIKE

un emprunt aussi sur leurs revenus et biens, comme cela est arrivé en Tyrol, Styrie, Autriche, etc., de sorte, que depuis la guerre, plus de 120 millions de florins ont été empruntés et nécessiteront, longtemps encore après la paix, la continuation des impôts extraordinaires, sous lesquels le peuple gémit et qu'il ne saura plus à quoi attribuer quand la guerre, qui les a causés, aura cessé.

Or, ou l'Autriche occuperait la Bavière du consentement de la France, à qui elle ne disputerait, en revanche, rien sur la rive gauche du Rhin, et alors la Prusse seule aurait de la peine à s'opposer à cette occupation et à l'empêcher, surtout si la Russie la favorisait, ou, ce qui est conforme à ses intérêts, la France n'y consentirait pas et alors elle serait obligée de venir chercher les Autrichiens en Bavière, bien loin de ses frontières et près de celles de ses ennemis, qui, par là, acquerront toute la force et tous les moyens qu'elle aurait perdus.

Cependant, malheur à l'Autriche, si elle persiste dans cette idée séduisante et dangereuse, malheur à la France si une injuste ambition, si une fausse politique lui fait, en gardant les Pays-Bas, donner à C Autriche et à [Angleterre un prétexta d'une guerre sans fin. Ces deux grandes erreurs se touchent (l), en commettant l'une, les Français provoquent l'autre, en l'évitant, c'est-à-dire, en offrant des conditions raisonnables, en manifestant hautement le vœu de les voir accepter, ils se fortifient par les sympathies de tout l'Empire et de la Prusse. L'Angleterre même, ne peut raisonnablement revenir alors, à ce sujet, à son ancien système; ce serait la paix assurée, sans doute, dans l'Europe et la consolidation en France, d'un gouvernement qui pourrait ramener dans ce pays, avec l'ordre et la justice, la confiance et la prospérité.

(1) L'Autriche a été assez sage pour renoncer à ses projets sur la Bavière, mais la France a voulu la rive gauche du Rhin et celte détermination a eu pour conséquence vingt années de guerre et Waterloo.

Nous terminons ici la première partie des Mémoires du comte de Bray.

Dans le nord de l'Europe, comme nous l'avons vu, le troisième partage de la Pologne est accompli par le traité de Saint-Pétersbourg, du 22 octobre 1795.

En France, la Convention a fait voter la constitution de l'an III après avoir fait écraser, le 13 vendémiaire, par le général Bonaparte, avec des troupes de ligne, l'insurrection réactionnaire des modérés et des royalistes.

La Révolution française entre dans sa phase d'accomplissement; la Convention a disparu en laissant au Directoire le soin de consolider le gouvernement républicain et de donner à la République les frontières naturelles avec la rive gauche du Rhin. Mais le Directoire ne sera qu'une forme intermédiaire du pouvoir. La frontière du Rhin est incompatible avec la paix, et la continuation de la guerre assurera, comme M. de Bray l'a prédit depuis longtemps, la prépondérance de l'élément militaire dans la République ; elle conduira fatalement à la dictature du général Bonaparte et à la création du premier empire.

Les événements politiques qui se dérouleront en Europe pendant cette nouvelle période de l'histoire de la France feront l'objet de la deuxième partie de ces mémoires qui seront d'autant plus intéressants que le comte de Bray va bientôt remplir un rôle sur l'échiquier diplomatique, comme ministre de Bavière,

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