IPIN DE LA TABLE DE LA PREMIERE PARTIE
hV ILECTIIVIR.
Je donne au public un Ouvrage où toutes sortes de personnes trouveront de quoi satisfaire la diversité de leur goût. Ceux dont la curiosité ne recherche pas seulement l'effet, mais encore la cause des affaires, y découvriront tous les motifs les plus secrets d'une soudaine et grande Révolution dont tout le monde ouït le bruit, sans que personne en put deviner le sujet. Ceux qui aiment la politique y discerneront des lumières capables de les éclairer dans cette ténébreuse route, où Ion voit tant de mauvais pas, et où souvent les moindres chutes causent la perte d'un Etat. Ils y verront aussi les manquemens que tous les ministres d'Espagne, la noblesse napolitaine et le peuple firent, au point que la fortune, en secondant une sédition, sembla offrir l'un des plus beaux royaumes du monde au premier occupant. Ceux qui n'aiment que les romans, et qui ne se plaisent qu'à voir des aventures inouies et des mutations de scène aussi rares que surprenantes, verront, dans cette première partie, marcher à la tête d'une multitude d'enfans deminus et armés de cannes, un Masanielle, qui, passant pour un idiot, et n'étant qu'un misérable poissonnier , foule outrageusement aux pieds Torgueil des ministres d'Espagne, et se rendj
a lu LECTEUR.
en moins de trois jours, tellement absolu dans Naples , que ses moindres ordres y sont plus promptement exécutés que ceux des princes ottomans ne le sont dans Constantinople , puisqu'avec un signe de main et d'un clin d'oeil, il fait mouvoir dans un instant plus de cent mille hommes. Ils y verront un duc d'Arcos, dont la prudence consommée est confondue par une naissante fureur, et qui, au même jour qu'il est adoré de tout un Royaume en qualité de Vice- Roi, se voit saisi par les moustaches par une troupe de révoltés. Us verront toute la noblesse napolitaine, dont le cœur est si brave et l'âme si fière, à la merci de l'insolence d'une ondoyante populace, qui dispose comme il lui plaît et de ses biens et de sa vie. Us verront un don «Tuan d'Autriche de qui les ordres, secondés des bras de quatre ou cinq mille hommes, des canons de trois forteresses, de ceux d'une armée navale et de l'étonnement que cause la surprise dans les esprits d'un peuple trahi de son chef et de plusieurs de ses complices, ne lui produisent qu'un regret d'avoir perdu, dans cet assaut, la fleur de toute la noblesse qui le suivait, et par laquelle il croyait regagner Naples, et punir les Napolitains. Us verront un prince de Massa esclave et chef tout à la fois de ce peuple, qui, malgré lui, le veut élever sur un trône, au lieu duquel, incontinent après, il trouve un funeste échafTaud. Ceux qui n'estiment que l'Histoire, et qui sont ravis de la voir dépouillée des passions qui, bien sou-