‹ Mémoires du comte de Modéne sur la révolution de Naples de 1647 [microform]Chapitre 10 sur 100 · RELATION DU 5 AOUT 164;. I · texte numérisé non relu

RELATION DU 5 AOUT 164;. I

Quand Tannée sera à la vue de Naples , si le TÎce-roi et le cardinal Filomarino qui en est archevêque, gagnaient tant sur l'esprit des peuples qu'ils les empêcliassent de se déclarer, ce que l'on ne doit pas attendre, il semblerait nécessaire de faire savoir à ceux qui commandent à Naples et à tout le peuple aussi, soit par un trompette ou autrement, comme il sera trouvé plus expédient, que l'armée n'est pas venue en ces côtes pour faire la guerre ni profiter d'aucune chose, mais , au contraire pour les aider à se mettre en liberté , maintenir leurs privilèges , et chasser les Espagnols qui les oppriment depuis si long-tems, sans que le Roi ait été porlé à l'envoyer par aucun autre intérêt.

L'on juge qu'il serait aussi bien k propos de leur représenter qu'ils ne doivent pas se laisser persuader aux promesses du vice-roi , duquel , dans la rencontre j)résente, ils obtiendront toutes choses 5 mais qui ne leur seront pas plus observées que du tems du Charles V (i), lequel fit mourir plusieurs des principaux de la ville, après leur avoir pardonné ;

Qu'ils ne doivent point laisser perdre une si belle occasion dans laquelle ils ont une armée à leur porte , assez forte pour leur aider à chasser les Espagnols, et les établir dans l'État qu'ils voudront prendre, unt à cause du grand nombre de vaisseaux et de galères qu'il y a , que des gens qu'on pourra mettre à terre ;

Que les Espagnols qui connaîtront cela , et qu'une telle armée ne pourrait pas souvent revenir, et princi-

(1) Philibert de Châlons, prince d'Orange , nommé gouverneur «lu royaume de Naples par l'empereur Charles-Quint, fit condamnera mort un grand nombre de barons, après le retour de la paix. (Vovcz les Mémoires du comte OrloÉf. Paris, i^aS, II, a5.)

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