RELATION DU 3 AOUT
paiement à cette heure que l'hiver approche, on ne travaillerait à autre chose qu'à les empêcher de prendre maintenant une bonne résolution et à les persuader de demeurer en l'état qu'ils sont, pour rendre le voyage de l'armée inutile, elles décréditer.
S'assurant bien qu'après cela leur armée navale viendra, et qu'ils les mettront bien aisément à une pire condition que celle où ils étaient par le passé, n'y ayant plus de milieu pour eux entre une entière liberté que les Français leur offrent, ou une servitude horrible qui leur sera imposée par les Espagnols.
J*ai cru devoir mander toutes ces particularités, parce qu'ayant écrit en ce même sens, il a semblé nécessaire que vous en fussiez averti , afin qu'il ne se trouvât point de diversité. Tout le monde espère que si l'on peut seulement obliger ceux qui gouvernent à écouter, la chose réussira heureusement, le commun peuple ayant une telle disposition au changement , qu'ils disent publiquement que si les Français venaient ils ne mettraient point de balles dans leurs mousquets ni dans leurs canons.
Pendant que l'armée sera a la vue de Naples , il semble qu'il faudra aussi essayer de faire savoir en Sicile et en Calabre comme elle est arrivée , et les desseins que l'on a, attirant tous les gens du pays que l'on pourra , en leur donnant même de l'argent , étant certain qu'il les faut ménager, parce qu'en quelques endroits de la Fouille , ils y sont venus à de plus grandes extrémités contre les Espagnols, qu'à Naples même.
Que si toutes ces choses-là ne réussissent pas, ce que Dieu ne veuille, quelques-uns seraient d'avis que Von essayât de prendre quelques postes plus ou moins éloignés de Naples, selon que la commodité du lieu ou la