AU LECTEUR
il ne témoigna de me prendre pour officier de qualité qu'alors qu'il me fit demander trente mille écus de rançon , ne me sauraient jamais contraindre de flatter l'un, ni de blâmer l'autre sans en avoir un juste. sujet, ni de satisfaire à mes dettes aux dépens de la vérité. Croyez-le , si vous me voulez faire justice, et regardez avec quelque peu d'indulgence les fautes de l'impression , et celles qui choquent l'usage et la pureté du langage; celles-là ne sont procédées que du défaut des correcteurs, et du peu de temps que j'ai eu pour en repasser les épreuves, et celles-ci partent d'un homme qui a séjourné et vécu quinze ans à Naples, ou à Rome, ou dans le comtat d'Avignon.
La duchesse de Chevreusc, à qui est adressée la Dédicace suivante, est Marie de Rohan, née en 1600 d'Hercule de Rohan, duc de Montbazon, et de Madelène de Lénoncourt. Elle avait épousé en 1617, Charles d'Albert, duc de Luines, connétable de France, parent très-proche du comte de Modène. Après la mort du connétable , elle avait contracté un second mariage avec Claude de Lorraine, duc de Chcvreuse. Aussi célèbre par son esprit que par sa beauté, elle fut intimement liée avec la reine Anne d'Autriche, épouse de Louis XIIL Elle dût donc nécessairement haïr le cardinal de Richelieu, persécuteur de cette princesse. Cette haine, dont le ministre vindicatif fut instruit, ainsi que des sobriquets outrageans que lui donnait la duchesse en particulier, le déterminèrent à la faire exiler. Accusée d'avoir cabale contre lui, près d'être arrêtée , poursuivie par les gardes du cardinal , elle
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