AU LECTEUR
voir en cet Ouvrage ; les personnages dîflerens que j*ai faits dans les derniers actes de cette grande Tragédie où, tantôt en faisant celui de mestrede-camp général des armes du peuple, on m'a vu prendre Averse, bloquer Capoue, écarter d'alentour de Naples toute la noblesse assemblée contre moi, et ravitailler cette ville dans sa famine; et tantôt en faisant celui d'un infortuné prisonnier, on m'a vu , dans la Yicarie et dans le Château- Neuf, pendant vingt-six mois moins quatre jours. Ces rôles, dis-je, m'ont donné et le moyen et le loisir de m'informer non-seulement des véritables et secrètes causes de ce soulèvement; mais encore de ses plus grands et plus particuliers progrès. J'ai eu le temps d'examiner toutes les choses qu'on m'a dites de l'un et de l'autre parti, et n'ayant voulu écouter que ces esprits qui m'ont paru les plus doux et les plus sincères, et qui, dans les fureurs publiques, se sont laissé entraîner plutôt par les efforts de ces torrens que par ceux de leurs passions, j'ai mis au jour, sur leur rapport, cet Ouvrage, que je souhaite être lu de toute l'Europe avec des yeux sans passion. Comme la sincérité m'est naturelle, et que le mensonge est l'un des péchés que j'évite et que je déteste le plus, la vérité est mon seul but, et l'affection et l'estime qu'eut pour moi le peuple de Naples, dans le temps que je le servis, ni tous les mauvais traitemens que me fit le comte d'Ognatte, Vice-Roi, pendant ma prison, "^et dans laquelle en me traitant en tout comme un simple soldat,.