‹ Mémoires du comte de Modéne sur la révolution de Naples de 1647 [microform]Chapitre 27 sur 100 · K PITRE · texte numérisé non relu

K PITRE

dans ces conjonctures, que celle qui dès la sortie du berceau avait eu la force et l'audace d'aller donner une bataille à son maître , aux portes de Paris, n'avait osé, ou, pour mieux dire, n'avait pu mettre un corps d'armée en campagne, pendant sa plus forte vigueur, et dans le plus beau de son âge. C'est une merveille que l'on ne saurait assez exagérer ni assez admirer, et qui, rétablissant nos Rois dans leur premipre autorité, rétablit la religion catholique en plusieurs provinces et en plusieurs villes, d'où son exercice était banni depuis long-temps. C'est, MADAME, à ce grand connétable à qui la France est redevable d'un si avantageux bienfait. Ce fut lui dont la piété, secondant celle de son maître, vengea l'Église, cette mère dont nos Rois sont les fils aînés; ce fut lui le premier qui, faisant marcher son souverain par tous Jes lieux où sa présence était nécessaire, fit voir combien le visage d'un prince est formidable aux séditieux, et que bien souvent sa personne toute seule fait plus d'eflet qu'une grande et puissante armée. Enfin ce fut lui qui ayant détruit ce redoutable corps, en tranchant cette quantité de bras qu'il avait dans le Béarn, dans l'Anjou, dans le Poitou, dans la Guyenne et dans tout le reste du royaume, donna le moyen à ce grand cardinal qui vint après lui, non-seulement de prendre la Rochelle, mais encore d'employer avantageusement toutes les forces d'un État puissant, réuni et soumis aux volontés de son Roi, dans les pays étrangers, pour l'exécution de tant de glorieux des-

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